par Roger ChamberlandRoger Chamberland a été directeur de la revue Québec français de 1991-2003.
Un centième numéro est toujours un événement. Pour Québec français, cela signifie 25 années de travail passionné et rigoureux à produire une revue de qualité qui nous a valu une reconnaissance tant au plan national qu’international. Des centaines de collaborateurs et collaboratrices ont contribué au développement et au succès de la revue ; mois après mois, année après année, des enseignants et enseignantes ont consacré des heures à rédiger un article, à relire et à corriger des textes. Je profite de la publication de ce numéro pour remercier publiquement tous ces hommes et ces femmes pour leur collaboration. Rares sont les occasions où nous pouvons témoigner notre gratitude envers ces travailleurs et travailleuses de l’ombre qui sont essentiels à une revue comme la nôtre.
Après des débuts modestes sous forme de journal, Québec français a connu une lente mais sûre progression en adoptant le format revue qu’on lui connaît. Sous la direction successive de Christian Vandendorpe, Gilles Dorion et du soussigné, Québec français a connu des moments forts que les deux anciens directeurs vous relatent dans les pages qui suivent. Pour compléter notre dossier anniversaire, nous avons demandé à deux autres fondateurs, André Gaulin et Aurélien Boivin, et à une ancienne mais combien précieuse collaboratrice, Aline Desrochers-Brazeau, de témoigner de leur participation à la revue. Nous avons également solliciter des enseignantes de carrière, qui ont vécu in vivo le milieu de l’éducation afin qu’elles nous donnent leur point de vue sur la revue. Irène Belleau et Huguette Lachapelle ont accepté de bonne grâce de nous fournir un article ; qu’elles en soient remerciées chaleureusement.
Comme tous les périodiques, nous sommes soumis aux fluctuations du marché et, plus spécialement, aux mouvements de personnel que l’on observe dans le milieu de l’éducation. Retraites nombreuses, précarité de l’emploi, permutation dans la carrière d’enseignement et remplacement au compte-gouttes sont autant de phénomènes qui nous obligent à reconfigurer le profil de notre lectorat et à revoir continuellement nos contenus afin d’être à l’écoute des besoins de nos abonnés. Cette situation nous touche également de près au comité de rédaction, nous qui avons à solliciter des articles ou à recruter de nouveaux membres sans toujours obtenir les collaborations souhaitées. Pour ceux et celles qui sont intéressés à participer de façon active à Québec français, la place est toujours mise car la revue se veut un carrefour permettant la circulation des idées, des savoirs et des pratiques. Il n’en tient qu’à vous, lecteurs et lectrices, à nous proposer des articles ou une collaboration plus régulière au sein de l’une ou l’autre équipe.
La remodelisation des programmes d’enseignement tant au niveau primaire, secondaire que collégial nous oblige à faire le pont entre des énoncés à saveur toute théorique et un ensemble de praticiens, des enseignants et enseignantes qui ont à composer avec des réformes aux objectifs précis mais à la mise en application flottante.
De la même manière, la recherche, les enquêtes et les études menées en milieu universitaire exigent souvent une acclimatation au monde de l’enseignement dont la revue se charge d’assurer la transmission. Les articles que nous publions doivent répondre à des exigences de qualité, de lisibilité et d’utilité pratique car Québec français se définit comme une revue de transfert de connaissances et de pratiques adaptée au monde de l’éducation.
Forte de ses deux grands axes, la pédagogie du français et l’enseignement de la littérature, la revue est également un outil de mise à jour de la culture québécoise et de la francophonie. Des chroniques sur la littérature jeunesse, les médias, la chanson, le cinéma, les nouveautés tout azimuth, l’histoire d’un mot ou d’une expression complètent chacun de nos numéros et la rendent indispensable à qui veut enrichir sa culture et, par le fait même, son enseignement.
À l’aube du XXIe siècle, une revue comme Québec français a toujours et encore plus sa raison d’être car, malgré l’échec du référendum d’octobre dernier, nous devons toujours poursuivre notre objectif premier qui est la défense de la langue et de la littérature québécoises et de la francophonie. Nous croyons que le français peut continuer à être parlé et devenir la langue de communication au Québec si et seulement si nous poursuivons notre effort de l’enseigner avec la même motivation et la même qualité que nous l’avons fait jusqu’à maintenant.
Québec français compte rester la revue que vous connaissez et que vous lisez avec plaisir et attention depuis 25 ans. La poursuite de nos objectifs de publication est relatif à votre propre participation car l’abonnement à la revue est pour nous le meilleur moyen de s’assurer un lectorat fidèle et constant et la meilleure publicité, le bouche à oreille.
À vous, milliers de lecteurs et de lectrices à travers le Québec, nous vous remercions pour votre appui et pour la diffusion de la revue que vous assurez dans votre milieu de travail.