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La machine du Bonhomme Sept-Heures. Nouvelles fantastiques outaouaises

Studio coopératif Premières lignes, Gatineau
2009, 111 pages
Coll. « Souches »

Le Studio coopératif  Premières lignes offre ici une œuvre unique : l’illustration de quatre nouvelles fantastiques de Claude Bolduc, un auteur qui s’est distingué tant en Belgique qu’au Québec et qui a fait son créneau de la nouvelle fantastique d’inspiration gothique – particulièrement de la glorieuse époque de la ghost story anglo-saxonne. Plusieurs artistes ont collaboré à cet ouvrage, soit comme illustrateurs, soit comme scénaristes : Aline Bégin, Anik Deslauriers, Danielle Grégoire, Guy Jean, Dominique Laurent, Marie-France Thibault et Stanley Wany.

La machine du Bonhomme Sept-Heures illustre les nouvelles « De l’amour dans l’air », « Œillades », « Regarde-moi » et « Il ne faut pas que je dorme ». Le résultat est splendide. Ce livre, en tant qu’objet, est une œuvre d’art : imprimé en couleur sur papier glacé, il recèle des illustrations qui se situent souvent à mi-chemin entre la bande dessinée moderne de qualité et la peinture, et cet art n’est pas sans rappeler le superbe travail de l’artiste montréalais Dominique Desbiens. Nombre d’illustrations mettent mal à l’aise tellement elles synthétisent l’horreur qui suinte des textes de Bolduc. Des jeux de superposition confèrent à certains personnages des airs de cadavres ambulants ou de squelettes qui s’ignorent.

Dans cet ouvrage, une image vaut mille maux, et c’est pourquoi la portion narrative de chaque récit est minimaliste : les ambiances sont rendues à merveille par l’illustration sombre de la majorité des histoires. On joue habilement sur le caractère à la fois vétuste de certains personnages et de l’« emballage », pour ainsi dire – comme si le lecteur avait accès à un grimoire ancien –, et sur la modernité de la mise en images des récits à proprement parler. Tout est léché, beau, inspirant.

Plusieurs des illustrations qui prennent vie dans ce livre pourraient orner les murs des plus grandes galeries d’art... et de la salle de séjour du féru de fantastique que je suis !

Steve Laflamme