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La
pêche blanche
ou la blessure de lenfance
Présentation
par Aurélien Boivin
Deuxième
roman de Lise Tremblay, romancière originaire de Saint-Fulgence,
sur les bords du Saguenay, en face de Chicoutimi, La pêche blanche
a dabord été publié en 1994, puis réédité
en 2001, dans la collection « Bibliothèque québécoise».
Comme son premier roman, Lhiver de pluie, il a été
bien accueilli par la critique et a suscité de nombreux commentaires,
souvent élogieux, qui témoignent de la qualité de
cette uvre quil convient de rattacher à limaginaire
de Jacques Poulin, de Jack Kerouac, de John Dos Passos et de quelques
autres écrivains américains, dont Jim Harrison, nommé
à quelques reprises dans le roman.
Lintrigue de La pêche blanche, comme les deux autres
romans de la même auteure, est plutôt ténue, mais nen
est pas moins bouleversante. Deux frères, pourtant unis dans leur
enfance, se retrouvent, à lâge adulte, séparés,
aux prises tous deux avec un problème existentiel. Simon quitte
son emploi de bûcheron en Colombie-Britannique, lhiver venu,
pour errer dans le Sud, en Californie, où il attend que le temps
passe. Il meuble sa solitude en lisant des livres que lui envoie son frère,
Robert, professeur de littérature à lUniversité
du Québec à Chicoutimi. Ils échangent de temps à
autre de courtes lettres, eux qui, dans leur enfance, avaient opté
pour le silence, devant la menace et les sévices dun père
intransigeant et déplaisant. Robert est encore dominé par
ce père indigne qui a pris toute la place. Seule la mort de cet
être incapable de communiquer, même avec ses proches, ramène
la paix dans la famille qui se réunit autour de son cercueil sans
verser une seule larme. Revenu vers le Nord pour la circonstance, Simon
décide de retourner dans lOuest canadien, abandonnant ses
cahiers à son frère qui les range dans la maison rouge,
celle quil convoite depuis longtemps, à linsu de sa
femme, doù il pourra contempler à loisir le Saguenay.
La délivrance de lun et de lautre est désormais
assurée et ils peuvent enfin songer à vivre intensément
leur solitude respective.
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