Lise Tremblay
La pêche blanche Montréal, BQ (Bibliothèque québécoise), 2001, 105 [1] p. [Première édition : Leméac, 1994, 117 p.].

FICHE | 123
 
La pêche blanche
ou la blessure de l’enfance

Présentation par Aurélien Boivin

Deuxième roman de Lise Tremblay, romancière originaire de Saint-Fulgence, sur les bords du Saguenay, en face de Chicoutimi, La pêche blanche a d’abord été publié en 1994, puis réédité en 2001, dans la collection « Bibliothèque québécoise».  Comme son premier roman, L’hiver de pluie, il a été bien accueilli par la critique et a suscité de nombreux commentaires, souvent élogieux, qui témoignent de la qualité de cette œuvre qu’il convient de rattacher à l’imaginaire de Jacques Poulin, de Jack Kerouac, de John Dos Passos et de quelques autres écrivains américains, dont Jim Harrison, nommé à quelques reprises dans le roman.

L’intrigue de La pêche blanche, comme les deux autres romans de la même auteure, est plutôt ténue, mais n’en est pas moins bouleversante. Deux frères, pourtant unis dans leur enfance, se retrouvent, à l’âge adulte, séparés, aux prises tous deux avec un problème existentiel. Simon quitte son emploi de bûcheron en Colombie-Britannique, l’hiver venu, pour errer dans le Sud, en Californie, où il attend que le temps passe. Il meuble sa solitude en lisant des livres que lui envoie son frère, Robert, professeur de littérature à l’Université du Québec à Chicoutimi. Ils échangent de temps à autre de courtes lettres, eux qui, dans leur enfance, avaient opté pour le silence, devant la menace et les sévices d’un père intransigeant et déplaisant. Robert est encore dominé par ce père indigne qui a pris toute la place. Seule la mort de cet être incapable de communiquer, même avec ses proches, ramène la paix dans la famille qui se réunit autour de son cercueil sans verser une seule larme. Revenu vers le Nord pour la circonstance, Simon décide de retourner dans l’Ouest canadien, abandonnant ses cahiers à son frère qui les range dans la maison rouge, celle qu’il convoite depuis longtemps, à l’insu de sa femme, d’où il pourra contempler à loisir le Saguenay. La délivrance de l’un et de l’autre est désormais assurée et ils peuvent enfin songer à vivre intensément leur solitude respective.

 


Chaque fiche de lecture (trois à quatre pages) publiée dans la revue Québec français analyse le roman sous les aspects suivants : le titre, la structure, le temps, le lieu, les personnages, les principaus thèmes, la langue et la portée de l’œuvre.

Pour rejoindre l’auteur des fiches de lecture : Aurelien.Boivin@lit.ulaval.ca

 


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