
Le
chant impur de la noyée
Photo
© Ku Wen Li, 2003
Le
dossier sur la littérature américaine que nous vous
présentons dans ce numéro estival, n'a pas la prétention
de dresser un panorama complet de la littérature américaine.
Les huit textes du dossier privilégient l'étude de
deux grands mythes, à savoir celui des frontières
et son corolaire celui du voyage, des approches tangentielles et
des coups de cur.
L'équipe didactique s'est penché sur la question de
lenseignement de lécriture créative. Le
dossier « Imaginaire et écriture scolaire »
formule quelques principes didactiques susceptibles de stimuler
l'imaginaire des élèves.
Vous
trouverez aussi dans ce numéro les chroniques habituelles :
chanson, médias, cinéma, histoires de mots, littérature
jeunesse et plus de quarante critiques sur les nouveautés
littéraires.
Bonne
lecture !
DOSSIER LITTÉRAIRE
Littérature américaine
Dossier présenté par Marie-Claude BolducAu sommaire
Lexpérience des frontières dans le roman américain, dhier à aujourdhui Jean Morency
Le voyage dans la littérature américaine Alain Rathé
La Géorgie dErskine Caldwell Gilles Perron
Les territoires de la littérature américaine. Auster, Banks, DeLillo Roger Chamberland et Marie-Claude Bolduc
Lidentité dans la Trilogie new-yorkaise de Paul Auster Valérie Litalien
La science-fiction étatsunienne : rêves et cauchemars de la raison Jean-Louis Trudel
La fragilité de sa démesure Madeleine Monette
La première fois Pierre GobeilUn dimanche à la piscine à Kigali
ou la bêtise humaine
Présentation Aurélien Boivin
Sándor
Márai
Divorce à Buda
Haruki
Murakami
Les amants du Spoutnik
Pierre-Yves
Thiran
Bal à labattoir
DOSSIER DIDACTIQUE
Imaginaire et écriture scolaire
Dossier présenté par Monique Noël-Gaudreault et Martine BrunetAu sommaire
(Pas si) élémentaire, mon cher lecteur. Quelques questions sur la fiction et sa lecture Richard Saint-Gelais
Lapprentissage de la création littéraire. Une question de lecture Geneviève Lévesque
Un écrivain dans les murs de lécole. Pourquoi faire tant dhistoires ? Raymond Plante
La lecture et lécriture littéraires au primaire : un terrain de jeux Noëlle Sorin
Comment rendre la culture aux étudiants Isabelle Duval
Imaginaire, y es-tu ? Noëlle Sorin
Écriture sous influence Jacques Pasquet
Jimagine que cest possible décrire Raphaël Riente
Hors dossier
La valse-hésitation de la réforme. Entrevue avec Lise Ouellet Propos recueillis par Monique Noël-Gaudreault
Développer une culture de la langue dans lécole québécoise Suzanne-G. Chartrand
Cahier pratique 133
Écrire et réécrire des récits dexpérience personnelle avec une assistance informatique
Présentation Jacques Crinon
Cahier pratique 134
La lecture-dépaysement
Présentation Évelyne Tran
Cahier pratique 135
Décrire pour apprendre autrement
Présentation Réal BergeronCahier pratique 136
Écrire un récit daventures
Présentation Danielle St-Louis
CHRONIQUES
CHANSON
Le mannequin, le commédien, le cuisinier et quelques artistes de la chanson Roger Chamberland
Critiques de disques : Émilie Simon (Émilie Simon), Carla Bruni (Quelquun ma dit), Richard Bohringer et le groupe Aventures (Cest beau une ville la nuit), Laloux (Vos désordes sont désirs), Dumas (Le cours des jours), Cantique des cantiques interprété par Alain Bashung et Chloé Mons, Louise Forestier (Lumières), Térez Montcalm (Térez Montcalm), Plume Latraverse (Chants dépuration), Clémence DesRochers (De la factrie au jardin).
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CINÉMA
Les heures ou la fête de la vie Chantale Gingras
Pour son second long métrage, lAméricain Stephen Daldry a choisi de porter à lécran le roman de Michael Cunningham qui lui-même sétait inspiré de Mrs Dalloway, un roman publié par Virginia Woolf en 1925. Le défi était grand pour Daldry et David Hare, son scénariste : celui de retranscrire à lécran un roman à succès (il a remporté le prix Pulitzer en 1999) dans lequel simbriquent trois histoires essentiellement portées par les réflexions intérieures des personnages. Mais la critique est unanime : Daldry a réussi à rendre habilement le discours intérieur de ces trois femmes en captant à lécran lévolution tout aussi subtile que ravageuse de leurs tourments intérieurs. Et même si le propos semble a priori bien sombre, il nous convie en fait à une anatomie bouleversante du bonheur.
Les Heures raconte 24 heures dans lexistence de trois femmes qui se trouvent à un point tournant de leur vie. Le film fait ainsi une incursion dans la vie de lauteure Virginia Woolf (brillamment interprétée par Nicole Kidman) à Richmond, en Angleterre, en 1923, dans celle de Laura Brown (incarnée par la troublante Julianne Moore), jeune mère au foyer vivant dans un quartier résidentiel à Los Angeles en 1951, et dans celle de léditrice Clarissa Vaughn (jouée par Meryl Streep, toujours superbe) à New York en 2001. Ces trois femmes sont aux prises avec un mal intérieur qui les ronge et contre lequel elles tentent vainement de lutter. Bien quelles essaient dabord de le cacher à leurs proches, un mal sourd grandit en elles jusquau jour où, nen pouvant plus, elles finissent par céder. Cunningham, puis Daldry, à travers son adaptation, traiteront, presque avec tendresse, des thèmes de la mort, du bonheur, de lhomosexualité, de la maladie et de la folie. À travers les raccourcis obligatoires quil a dû emprunter, le film montre de façon peut-être plus exacerbée encore le désarroi dans lequel sont plongés les personnages. Il faut voir ce film, surtout pour le regard perçant quil jette sur la vie, nous la présentant comme une fleur quil faut humer avant quelle soit fanée...
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MÉDIAS
Radio Talk Véronique Nguyên-Duy
Comme le confirment les récents résultats du sondage printanier de BBM pour le marché de la télévision, « leffet Star Académie aura permis à TVA de sapproprier 41% des parts de marché du Québec, le dimanche soir et le chiffre grimpe à 53% dans la région de Montréal !». TVA est donc aujourdhui le réseau le plus regardé à Montréal et ce, six soirs sur sept. Les lundis soirs, chasse gardée de Radio-Canada, sont donc passés dans le giron de TVA qui ne concède à Radio-Canada que les furieux vendredis avec Véro. Rien de tel, semble-t-il, quune bande de chantres amateurs pour en concurrencer une autre.
Un tel état de choses ne surprendra pas Florian Sauvageau qui, depuis longtemps déjà, déplore le fait que « la télévision française de Radio-Canada ne soit plus quune chaîne commerciale parmi dautres, qui livre une belle concurrence à sa rivale TVA ». Une concurrence qui se fait de moins en moins vive alors que, saison après saison, la SRC assiste à linéluctable érosion de ses auditoires. Une telle dégringolade interroge. Assistons-nous au châtiment collectif dune télévision « qui a abdiqué la plupart de ses responsabilités de diffuseur public » ou est-ce plutôt que notre télévision dÉtat, désormais incapable de concilier intérêt public et logique marchande, se retrouve coincée sur la dernière marche dun échafaud « dont le recul de lÉtat et le transfert de responsabilités au secteur privé constituent larmature » ? Difficile à dire. Les récents sondages BBM sur le marché de la radio ouvrent cependant des pistes de réflexion quant aux rapports quentretiennent médias publics et commerciaux...
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HISTOIRES DE MOTS
Le poteau de torture Ludmila Bovet
Les enseignes, qui dans les rues des villes, pendant des siècles, signalaient aux passants lemplacement dun commerce ou dune auberge, ont presque toutes disparu. Cette tradition se maintient, cependant, à la devanture des coiffeurs pour hommes sous laspect dun cylindre tricolore, parfois lumineux, muni dune boule à chaque bout et pouvant tourner sur lui-même, selon les cas. Avant ces modèles sophistiqués, lenseigne était un simple bâton de bois peint planté dans le mur extérieur de la boutique, comme celle du barbier juif incarné par Charlie Chaplin dans Le dictateur. Cet emblème typiquement nord-américain figure en effet dans le décor du ghetto dune ville sise dans limaginaire pays de Tomania (alias Germania), ghetto où les inscriptions telles que barbers shop ou laundry done here voisinent avec dautres en pseudo-yiddish (rien de surprenant pour un film tourné aux États-Unis en 1939-1940). Le terme poteau de barbier qui désigne cette enseigne au Québec est un calque de langlais barbers pole. Le mot et la chose sont arrivés ici après la Conquête de la Nouvelle-France par lAngleterre car, sous le Régime français, lenseigne du barbier était tout autre.
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LITTÉRATURE JEUNESSE
Qui suis-je ? ou la difficile façon dêtre soi avec les autres Isabelle LItalien-Savard
Critiques de livres : Préscolaire : Jétais si timide que jai mordu ma maîtresse. Texte de Minne, photographie de Claude Croisetière, direction artistique de France Leduc, Les 400 coups, 2002, 29 p. Annette Brouillette. Texte de France Hallé, illustrations de Fil et Julie, Les éditions Banjo, collection « Le raton laveur », 2003, 21 p. 6-8ans : Je suis Thomas. Texte de Sylvie Desrosiers, illustrations de Leanne Franson, La courte échelle, collection « Premier roman », 2003, 64 p. La chat qui mangeait des ombres. Texte de Christine Bonenfant, illustrations de Daniela Zékina, Éditions Pierre Tisseyre, collection « Sésame », 2003, 63 p. 9-11 ans : Marie Quatdoigts. Roger Des Roches, Québec/Amérique, collection « Bilbo », 2002, 156 p. Les moutons noirs enquêtent. Texte de Dominique Patenaude, illustrations de Jocelyne Bouchard, Éditions Michel Quintin, collection « Nature jeunesse », 2002, 102 p. Le cinquième soleil. Texte de Thierry Benardeau, illustrations de Tatania Domas, Michalon jeunesse, collection « Les petits rebelles », 2003, 119 p. 12 ans et plus : Un tigre pour Malgudi. Texte de R. K. Nagayan, illustrations de Christophe Durual, traduit de langlais par Catherine de Léobardy, Éditions Seuil/Métailié, 2003, 200 p. Philippe avec un grand H. Guillaume Bourgault, Vents dOuest, collection « Ado Drame », 2003, 189 p. Au sud du Rio Grande. Annie Vintze, Éditions Pierre Tisseyre, collection « Conquêtes », 2002, 235 p. Le grand jaguar. Sonia K. Laflamme, Vents dOuest, collection « Ado », 2003, collection « Ado Aventure », 143 p.
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PORTRAIT D'AUTEUR
Comment Stanley Péan a écrit certains de ses livres propos recueillis par Monique Noël-Gaudreault et une fiche de lecture sur Le temps s'enfuit réalisée par Martine Brunet (Le temps s'enfuit, La courte échelle, collection « roman+»).
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