Lart
de raconter
par
Gilles Perron
Quelle trouve son origine dans un big
bang théorique ou dans un élan créateur en six
jours, lhumanité néchappe pas au récit.
La Genèse change au gré des religions, mais aucune ne
saurait se passer dun commencement. Chacun de nous, seul ou
en groupe, a un passé déterminé, un présent
en train de se faire et un avenir qui nest connu que de Jojo Savard.
Que cela nous plaise ou non, nous sommes des personnages ; et
notre vie est une histoire.
Quelle trouve son origine dans un big bang théorique
ou dans un élan créateur en six jours, lhumanité
néchappe pas au récit. La Genèse change
au gré des religions, mais aucune ne saurait se passer dun
commencement. Chacun de nous, seul ou en groupe, a un passé
déterminé, un présent en train de se faire et
un avenir qui nest connu que de Jojo Savard. Que cela nous
plaise ou non, nous sommes des personnages ; et notre vie est
une histoire.La vie est-elle un roman ? Les romans sont-ils la
vie ?
Isabelle LItalien, dans le premier article de ce dossier, répond
à cette double question. Le personnage serait-il mi-chair,
mi-papier ? Ce qui est certain, cest quà partir
du moment où il est un être de fiction, il sinscrit
nécessairement dans un récit construit où tout
devient signifiant. On suivra avec plaisir le trajet pédagogique
proposé par LItalien, qui nous fait voir lutilité
damener les étudiants, lecteurs de J. K. Rowling et narratologues
amateurs, à saisir limportance de savoir répondre
à une question en apparence anodine : pourquoi Harry Potter
porte-t-il des lunettes ?
Dans le même esprit pédagogique, Stéphane Desrosiers
propose une lecture des procédés narratifs qui passe
par lécriture. Variations sur une même phrase,
jeux oulipiens ou rédactions orientées vers la reconnaissance
dun genre littéraire donné sont autant de manières
de mieux saisir les stratégies narratives porteuses du sens
dun texte. Dans larticle suivant, je me permets délargir
la définition du récit en transportant les notions de
personnage, de narrateur, de lieu ou de temps de lhistoire dans
une chanson de Richard Desjardins, « Buck ».
Pour sa part, Simon Bouliane sattarde aux procédés
narratifs récurrents dans les romans policiers écrits
pour la littérature jeunesse. Enfin, Steve Laflamme fait une
lecture narratologique de Lhomme à qui il poussait des
bouches, de Jean-Jacques Pelletier. Laflamme montre à quel
point les procédés de narration et de focalisation,
de même que les jeux de temporalité, contribuent à
lefficacité du registre fantastique dans le roman de
Pelletier.
Sans verser dans leschatologie, il faut bien reconnaître
que tout ce qui commence doit finir. Lavantage du récit
de fiction sur la vie, cest quune fois le livre refermé,
on peut y revenir aussi souvent quon le souhaite. Et cest
dans les lectures multiples quon peut savourer le plaisir de
reconnaître dans un texte le génie humain du romancier-architecte
à lorigine de sa construction.