DOSSIER LITTÉRAIRE no 135
 


De la lecture
Dossier présenté par Isabelle L’Italien-Savard

Les théories de la lecture. Défis et questions — D’entrée de jeu, Richard Saint-Gelais brosse un portrait complet et concis du vaste champ d’études littéraires sur la lecture en présentant les théories et approches qui s’y sont développées au fil des années.

De la voracité à l’inappétence. Portrait contrasté de lecteurs adolescents — Dans une perspective davantage sociologique, Monique Lebrun livre quelques résultats d’une grande enquête qu’elle a menée auprès d’adolescents pour connaître les habitudes et pratiques liées à la lecture.

Lire ? Pour quoi faire ? — Steve Laflamme a recueilli les commentaires de cégépiens sur leur perception de la lecture d’œuvres littéraires dans les cours de français au collégial. Ces renseignements glanés auprès d’étudiants lecteurs devraient nourrir la réflexion d’enseignants sur le choix des œuvres à mettre au programme et surtout sur la manière de les présenter et d’initier leur lecture.

La place des lecteurs dans les classes de littérature — Le didacticien du français Érick Falardeau propose une méthode pour aborder la lecture littéraire en classe de français. Sa démarche, celle du « va-et-vient », oscille entre deux postures de lecture : l’une, participative, s’alimenterait à la subjectivité et à l’adhésion du lecteur pour servir de tremplin ou d’amorce à une lecture plus distanciée qui peut déboucher sur une vision davantage critique de l’œuvre. Falardeau montre bien comment ce mouvement dialectique facilite la lecture littéraire en l’illustrant par une séquence didactique conçue autour de La vie devant soi d’Émile Ajar.

La poésie et l’enseignement du français — Cette même méthode de lecture est également adoptée par Isabelle Duval pour aborder avec les élèves la lecture de textes poétiques en classe de littérature. Pour mieux entrer dans l’univers d’une œuvre poétique contemporaine et être à même d’en observer le travail sur la forme et ses effets, les élèves devraient selon elle être d’abord invités à s’approprier le texte de façon active, à s’y investir par exemple par la réécriture ou l’écriture d’invention.

Science-fiction. Clichés, stéréotypes et lecture — À partir du roman Phaos d’Alain Bergeron, Clarisse Dehont fait voir comment le travail de la lecture de récits de science-fiction s’appuie sur le repérage de clichés et de stéréotypes qui orientent le lecteur et lui permettent de relier le texte aux critères génériques science-fictionnels.

L’incohérence de l’incohérence. Les rapports troubles du révélé et du rationnel textuel — Isabelle Doucet offre, en s’appuyant sur les travaux de Gerald Prince et Tzvetan Todorov sur le narrataire, une analyse d’un chapitre du Livre noir d’Orhan Pamuk qui permet de montrer de quelle façon lecture et lecteur sont construits et guidés par le texte.

Le livre comme projectile à retardement dans Le voleur de Bible de Göran Tunström — Lise Fontaine apporte une réflexion fort pertinente sur le rôle et le pouvoir du livre dans nos sociétés de consommation en s’inspirant d’une analyse du roman Le voleur de bible du Norvégien Goran Tunström dans lequel le livre recèle le pouvoir sacré d’accéder à la connaissance et de révéler l’humain à lui-même à travers les âges.

À n’en pas douter, ces propos sur la lecture sauront trouver écho dans nos pratiques de lecteurs ou d’enseignants de la lecture. Bonne lecture... sur la lecture !

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