DOSSIER LITTÉRAIRE no 135
 


À l’approche de la réussite
Dossier présenté par Marie-France Morin et Raphaël Riente

Dans ce dossier, nous avons réuni des articlesdécrivant des approches et des séquences didactiques, des méthodes d’enseignement, des stratégies de lecture et d’écriture qui gravitent toutes autour de concepts actuels et importants dans le monde de l’éducation, tels la construction des savoirs, la métacognition, la réflexion, l’interaction, la collaboration, la résolution de problèmes et le développement des compétences. Tous ces textes constituent ainsi une source de réflexion pour alimenter les actions des enseignants qui travaillent à transformer leur classe en une véritable « communauté d’apprentissage, un lieu de partage, où la coopération et la médiation sont des moments de construction d’un savoir devenu social » (MÉQ, 1999).

Travailler par séquences pour développer ses compétences Sylvette Duhem et Élisabeth Nora invitent le lecteur à réfléchir sur la notion même de « séquence didactique » en la comparant aux notions de « séance » et de « cours ». Nous pouvons ainsi alimenter notre réflexion en examinant la place de la séquence didactique dans le contexte scolaire français qui, lui aussi, vit une période de changements. Les auteures mettent l’accent sur l’idée que la séquence didactique permet un traitement plus signifiant de la langue française en transposant dans la classe une vision globale de la langue qui intègre l’acte de lire, d’écrire et de parler.

L’écriture au quotidien au premier cycle du primaire, mission possible ! Pour débuter une série de trois articles portant sur l’enseignement du français au primaire, Réal Bergeron livre les propos qu’il a recueillis lors d’une entrevue avec trois enseignantes de première année et une agente en adaptation scolaire qui ont expérimenté une « approche différenciée de l’écriture », c’est-à-dire une approche qui accorde une place importante aux écrits des élèves dès leur première journée d’école. Cette place donnée à l’écriture dès les premiers moments de la scolarisation permet aux élèves d’écrire à leur façon, quotidiennement, malgré leur manque de techniques et de connaissances scripturales. Elles font appel à « l’écriture provisoire » et à la technique de l’étirement des mots, à la modélisation, à la lecture partagée, par laquelle, du haut de « la chaise de l’auteur », les élèves sont initiés aux procédures de relecture et de réécriture. Toutes ces pratiques constituent des façons stimulantes de motiver l’enfant à agir, à faire fi de ses peurs et à lui donner une confiance accrue en ses moyens.

Apprendre à écrire en explicitant les procédures Dans la même optique, Jacques David propose une approche novatrice qui met en relief tout le potentiel didactique des écritures des jeunes élèves, mais surtout des commentaires que les élèves sont en mesure de formuler à propos de leurs propres écrits. Ces commentaires, que David nomme « explications métagraphiques », mettent en lumière les procédures et les connaissances employées par les élèves tout au long du processus d’écriture. Ces explications métagraphiques deviennent ainsi une source d’informations privilégiée pour les enseignants afin de leur permettre de cibler certaines stratégies et pratiques pertinentes pour aider les jeunes à compléter et à préciser leurs savoirs.

La littérature de jeunesse. Approcher la langue à pas de loup… Isabelle Montésinos-Gelet et Marie-France Morin montrent ensuite comment des ouvrages de littérature jeunesse peuvent enrichir certaines pratiques dans lesquelles des démarches réflexives et métacognitives, entre autres, sont employées pour contribuer au développement des connaissances sur la langue et des compétences langagières au primaire. Tout comme David, Montésinos-Gelet et Morin présentent une approche qui correspond à une démarche de résolution de problèmes orthographiques et de cohérence textuelle, favorisant la réflexion, les échanges et la métacognition, dans le but de développer la maîtrise de l’écriture. Enfin, dans le cadre d’un projet qui a mené à l’application de cette approche, les auteures présentent des critiques de livres de littérature jeunesse réalisées par des élèves de quatre classes du primaire.

Rédiger des notes critiques pour apprendre à mieux lire et à apprécier des textes de fiction En ce qui concerne l’enseignement du français au secondaire, Olivier Dezutter propose une séquence didactique portant sur la rédaction de notes critiques lors de la lecture d’une œuvre littéraire. Cette séquence, divisée en cinq modules, vise le développement de l’écriture argumentative et la capacité du jugement critique de l’élève. C’est un projet qui permet aux jeunes de mieux s’approprier et d’apprécier le livre en tant qu’objet de diffusion. Cette présentation constitue une piste didactique intéressante pour les enseignants qui veulent exploiter différemment l’univers littéraire.

Le Journal de bord au secondaire, une mine d’or d’informations Pour poursuivre l’exploration de nouvelles approches didactiques au secondaire, Shirley Brochu, enseignante, présente le « Journal de bord » comme moyen de suivre efficacement le parcours des apprentissages de ses élèves. Cette approche, qui met l’élève au cœur de ses apprentissages par la réflexion, le questionnement et des pratiques d’écriture fréquentes, traduit l’idée que les compétences en français se construisent progressivement avec le soutien de l’enseignant qui établit un dialogue écrit avec chaque élève.

Pour une intégration des familles de situation en lecture littéraire Manon Hébert, quant à elle, propose aux enseignants du secondaire une nouvelle façon d’aborder la lecture de textes littéraires avec les élèves. Comme d’autres articles présentés dans ce dossier, l’auteure met l’accent sur l’importance de partir des réflexions et des questionnements de l’élève pour mieux le soutenir dans une exploration plus complète d’une œuvre, favorisant ainsi la progression de chaque élève. Dans cette proposition didactique, l’enseignant est celui qui encourage et guide l’élève pour dégager différentes facettes d’une œuvre, et l’invite, par les échanges vécus, à développer des compétences langagières variées : appréciation d’œuvres littéraires, habiletés en lecture, en écriture et en langue orale.

La coopération à l’école : rêve ou réalité Suscitant une réflexion plus globale sur la place de la coopération dans la classe, Jim Howden rappelle enfin l’importance des interactions sociales dans la progression des apprentissages langagiers des élèves. Plus que jamais, avec les orientations ministérielles redéfinies récemment en éducation, l’enseignant doit se questionner au sujet de la place de la coopération dans sa classe et, sur ce point, Howden guide cette réflexion en présentant cinq composantes de la pédagogie coopérative.

Bonne lecture !

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