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© Marie-Josée Marcotte 2003
NUMÉRO 134 | été 2004
Beau
temps pour étendre... et pour lire.
Côté cours, Québec français propose
un dossier littéraire consacré à l'approche
sociologique du texte qui « révèle la littérature
pour ce qu'elle constitue dans son essence même : un échange
social » comme l'écrit Denis Saint-Jacques d'entrée
de jeu. Nos collaborateurs tentent de définir cette approche
du texte en explorant la représentation de l'univers social
à travers quelques uvres choisies.
Côté
jardin, l'équipe pédagogique a senti la nécessité
de refaire le point sur l'enseignement du lexique. Elle présente
un dossier de trente pages truffées de ressources sur l'apprentissage
du vocabulaire et sur les stratégies d'enseignement du lexique.
Comme complément de lecture estivale, Québec français vous suggère une quarantaine de livres puisés dans
la mer des nouveautés littéraires de l'année
et les p(l)ages de la revue se referment sur ses chroniques habituelles
: chansons, médias, cinéma, histoires de mots, littérature
de jeunesse, fiches de lecture...
Consultez
le sommaire du numéro 134
Bonne lecture et bon été !
DOSSIER LITTÉRAIRE
Sociologie de la littérature
Dossier présenté par Aurélien BoivinAU SOMMAIRE
La société dans la littérature ou la littérature dans la société ? Définitions et références Denis Saint-jacquesQuand on dit « littérature québécoise », quest-ce que cela veut vraiment dire ? Ou « française » ? Ou « féministe » ? Ou « classique » ? Ou « postmoderne » ? Et on pourrait continuer ainsi, les qualificatifs ne manquent pas qui renvoient au social dans lequel la littérature se trouve toujours et partout prise. Car, quoi quon en pense, il ny a pas « la littérature et la société », mais bien « la littérature dans la société ». Lapproche sociologique de la littérature noffre donc pas une visée « externe » sur le fait littéraire, comme on lécrit parfois ; elle révèle la littérature pour ce quelle constitue dans son essence même : un échange social. [La suite dans qf 134]
Le bogue de lan deux mille ? Steve Laflamme
Il est difficile dimaginer la vie au XXIe siècle sans la contribution de linformatique. Lordinateur, sous toutes ses formes, occupe un espace privilégié dans le quotidien, au point davoir transformé certaines murs. En effet, si à une certaine époque les jeunes garçons et filles passaient des journées entières dehors, leurs parents devant les faire rentrer de force au coucher du soleil, lenfant du nouveau millénaire naura pas eu la chance de connaître le plaisir dune « soirée du hockey » dans la rue, muni de tuque et bottines. Elle nest pas si lointaine, lépoque où les Vic-20, Atari et Intellivision, bien quamusants, ne se montraient pas suffisamment réalistes pour quil soit pensable de rater la partie de hockey chez le voisin. Aujourdhui, les Nintendo, X-Box et Game Cube donnent aux consoles dil y a 20 ans des airs de reliques de lère précambrienne. Pendant que les enfants saffairent à incarner des espions mandatés pour tuer (en vue subjective) tous ceux qui ont le malheur de se trouver sur leur passage, aidés de trois amis qui jouent pourtant dans trois salons différents ! , les grands, rivés devant lécran de leur ordinateur personnel (ou PC, si lon veut être à la mode), louangent Internet de leur permettre deffectuer leurs transactions bancaires ou de réserver une chambre pour la fin de semaine dans un hôtel, pendant que les espionne peut-être un jeune crack à lautre bout du monde, décidé à être de son temps, cest-à-dire à entrer par effraction dans la vie privée dautrui plutôt que dans le dépanneur du coin. Cest de cette invasion informatique que traite Michel Monty, dramaturge, comédien et metteur en scène, dans une pièce de théâtre méconnue intitulée Cyberjack, quil a montée en 2000 et publiée en 2001. Il sagit du récit de Joe et de Jack, deux frères qui se retrouvent en 2020, époque où « le ftus humain est bien coté en bourse et la truie porteuse dorganes clonés aussi », comme lindique la quatrième de couverture. Cyberjack est le récit dune dépendance : celle à la machine la machine électronique, certes, mais également une machine plus imposante, qui uniformise les cultures, un engrenage qui emprisonne la société nord-américaine du présent siècle, qui valorise la surconsommation, la rapidité à tout prix et la satisfaction personnelle, au détriment des relations humaines. [La suite dans qf 134]
Et nous pourrons nous lever pour aller ailleurs Stéphane Desrosiers
Créons le scandale et cultivons la douleur. Quon se le dise une fois pour toutes, et malgré ce quen pensent certains (et peut-être même plusieurs), le théâtre québécois ne prend réellement figure quavec Tit-Coq. Dur coup pour les défenseurs de Marc Lescarbot (le Robert Lepage de Port-Royal) et son Théâtre de Neptune : divertissement de chansons et de danses présenté sous forme de spectacle nautique en 1606. Avant le Monument national, avant le 22 mai 1948, lart de la scène brille surtout du théâtre des autres au Canada français. Le répertoire tragique de la métropole est à lhonneur sous le régime français avec Corneille et Racine (Tartuffe déride plus le sieur de Frontenac que Mgr de Saint-Vallier, on se demande pourquoi). Molière est réhabilité et Beaumarchais, présenté par les militaires anglais (on avance : le théâtre des autres est maintenant présenté par dautres). Le Canada francophone ne produit ici et là que quelques pastiches des classiques européens au contenu à peine représentatif, sinon fort éloigné, dune masse laborieuse plus préoccupée par sa survie que par son expression artistique. Cest que parfois lennemi, je me figure ici les tenailles du joug canadien ou ce que Paul-Émile Borduas désignait comme la peur multiforme, exige dêtre vaincu avant dêtre identifié et décrié. Ce nest pas le premier, ni le seul paradoxe sociohistorique de notre histoire. Bref, pour la production nationale de spectacles bien ciblés et sentis, on sen remettra aux soirées iroquoises retirées de laffiche par pénurie de figurants. [La suite dans qf 134]
Gestionnaires de lapocalypse ou représentations du morcellement Nadia Tangora
Scandales fictifs : trou de 750 millions de dollars dans la Caisse de dépôt et de placement du Québec ; jeunes filles recrutées par des motards aux fins de prostitution ; blanchiment dargent ; réseaux de crime organisé à léchelle provinciale, nationale et internationale ; couverture médiatique répétée ; organisation de criminels, le Consortium, dont le dirigeant prône la « gestion rationnelle de la manipulation » tous azimuts ; organisation secrète de lutte contre les crimes à grande échelle, lInstitut ; meurtres déguisés en attaques terroristes ; sectes manipulatrices. Faits réels : ministères de la Défense nationale et des Travaux publics victimes dune « perte » de 160 millions de dollars (scandale Hewlett Packard) ; réseau de prostitution juvénile ; blanchiment dargent des gangs de motards ; réseau Al-Qaïda, attentat dévastateur à New York, déclaration de guerre du gouvernement Bush, occupation de lIrak, sans oublier la manipulation de linformation (mensonges au sujet de la présence darmes de destruction massive) ; ravages des kamikazes fanatiques ; génocide provoqué par une secte, lOrdre du Temple solaire. Plus récemment, frappes terroristes en pleine heure de pointe sur le réseau de transport espagnol... Difficile de distinguer entre la vraie société nord-américaine et la société fictive des Gestionnaires de lapocalypse que décrit lauteur Jean-Jacques Pelletier pour qui « le roman fonctionne dabord à limagination et à la vraisemblance. À limpression de vérité. Impression est le maître mot. Ce qui ne veut pas dire que la vérité de linformation est sans importance. Mais elle doit toujours être subordonnée à la vraisemblance1 ». Ce souci de la vraisemblance est allié à celui de lélucidation du monde et de sa représentation. Des groupuscules, au sein des collectivités québécoise et nord-américaine surtout, uvrent pour le meilleur ou pour le pire, doù la confrontation continuelle entre lInstitut et le Consortium. [La suite dans qf 134]
Regard sur le monde de Harry Potter Louis Roussel
Le succès des cinq tomes des aventures de Harry Potter est sans conteste un précédent : plus de 250 millions de copies vendues, 55 traductions et 50 prix littéraires raflés par son auteure, J. K. Rowling., le tout échelonné sur une période dà peine sept ans. Psychanalystes, docteurs en esthétique, publicitaires, philosophes et autres experts de plusieurs disciplines tentent aujourdhui de comprendre les raisons dun tel engouement. Mais rares sont ceux qui sattardent au monde même de Harry Potter. Par monde, entendons lunivers des sorciers en tant que société organisée car, chose surprenante, ce cadre magique et merveilleux est sans aucun doute lune des composantes les plus structurées de tout le cycle. [La suite dans qf 134]
De lengagement collectif au repli narcissique. Représentation et influence de lunivers social dans quatre romans québécois des années 1980 Julien Desrochers
Dans Lâge de la prose, titre qui fait référence aux romans et récits québécois des années 1980, Lise Gauvin affirme que cette faste et décisive période de notre littérature a fait « succéder le je au nous , lintime au collectif, le brouillage des voix aux accords de lorchestre1 ». Plusieurs romans de cette époque présentent en effet des personnages dont la quête identitaire tend à se fondre dans une collectivité, dans un univers social qui les épaule et qui va même parfois jusquà définir leurs comportements sociaux. Pensons, par exemple, à La vie en prose (1980) de Yolande Villemaire et à Maryse (1983) de Francine Noël, deux uvres marquantes de la littérature québécoise qui mettent en scène une pléthore de personnages tous liés par une forte dynamique de groupe née dun contexte social bouillonnant. [La suite dans qf 134]
Un théâtre de marionnettes au cur du petit monde ! Entrevue avec Louis Bergeron, propos recueillis par Aurélien Boivin
Les spectacles de marionnettes ne sont pas légion au Québec. pas plus que les marionnettistes. Louis Bergeron, de LAncienne-Lorette, a créé, il y a près de vingt-cinq ans (1980), le théâtre « Marionnettes du bout du monde ». À ce jour, il a à son actif 25 créations, qui ont donné la parole à plus de 50 personnages, cinq grandes tournées internationales, plus de 4 500 représentations, près de 1 000 ateliers et a parcouru près de 800 000 kilomètres en Amérique et outre-mer. Homme-orchestre, lartiste joue seul sur scène, manipule ses personnages et les objets, transforme sa voix, chante, actionne diverses manettes du son et des éclairages. Pourquoi ? Pour sensibiliser les enfants des écoles primaires du Québec et dailleurs aux nombreux problèmes qui confrontent la société où ils sont appelés à vivre. Par la magie de la parole et de la poésie, quil met au service des grandes causes de lhumanité, il dénonce les guerres, la corruption, les injustices et sensibilise les jeunes aux multiples problèmes de notre société. Sinspirant de ce qui se passe dans notre société et dans le monde, son théâtre est réaliste, profondément engagé, mais sans pancartes. Si les sujets peuvent parfois paraître difficiles pour les jeunes, ils ne sont pas dépourvus dhumour et ils les rejoignent en semant chez eux une note despoir, car tous ses spectacles se terminent bien. [La suite dans qf 134]
La
cérémonie des anges
(de Marie Laberge)
ou la solitude de lenfance

Benoît Melançon
En collaboration avec Pierre Popovic
Dictionnaire québécois instantané

Alain
Beaulieu
Le joueur
de quilles
Anne-Marie
Savoie
Ego
Denise
Boucher
Jézabel
DOSSIER DIDACTIQUE
Le lexique
Dossier présenté par Martine Brunet et Jean-François MostertProposer un dossier sur le lexique semble une nécessité. Et pourtant Depuis la parution dun premier dossier sur ce thème, qui nous avait déjà paru aussi nécessaire il y a plus de dix ans (no 92, hiver 1994), les questions semblent les mêmes. Comment enseigner le lexique ou comment faire apprendre du vocabulaire ? Si aujourdhui, un plus grand nombre denseignants semblent convaincus que cet enseignement doit être systématique, on constate que les occasions de le faire sont plutôt rares. Sinon, il est fait au gré des situations ou des projets.
AU SOMMAIRE
Bah ! ce ne sont que des mots... Raphaël RienteLe lexique a souvent été considéré comme le parent pauvre de lenseignement du français. Cela est assez étonnant, puisque les mots alimentent la pensée, comme les vitamines, le corps humain. Notre pensée nest-elle pas enrichie par les mots que nous apprenons quotidiennement ? La vie nest-elle pas plus agréable lorsque nous employons des mots précis ? Ne sommes-nous pas plus doux, plus diplomate, moins insultant, plus drôle, plus amical, plus ferme, mieux servi quand nous choisissons les mots justes ?
Il est question, dans cet article, de contenus dapprentissage visant lenrichissement du lexique de lélève et le réinvestissement de ce vocabulaire dans dautres contextes linguistiques. Nous y décrivons le lexique comme un outil mis à profit pour mieux lire, comprendre et écrire un texte, ainsi que pour développer une culture littéraire et historique. [La suite dans qf 134]« Je te décide à me donner mes cadeaux de fête » Jocelyne Cauchon
Comment conjuguer les champs de la linguistique, de la psycholinguistique et de la didactique dune langue maternelle ? Cétait le défi que je voulais relever dans le cadre dune maîtrise en linguistique. Je vous présente donc les principaux résultats des travaux effectués dans une classe de 1re année du 2e cycle (3e année) du primaire avec des élèves âgés de huit ou neuf ans. (Illustrations et les grilles nécessaires pour faire les exercices en classe). [La suite dans qf 134]
Jocelyne Cauchon a préparé cinq grilles illustrées (Document Word) utiles pour faire les exercices proposés dans l'article. Annexe 1, Annexe 2, Annexe 3, Annexe 4, Annexe 5
La famille de mots sémantique : une famille unie Ophélie Tremblay
La notion de famille de mots est familière à tous les enseignants. Il sagit de ces regroupements de mots basés sur une parenté morphologique. Cette parenté de forme existe en fait sur la base dun lien sémantique entre les mots dune même famille. Le caractère unificateur des familles de mots se retrouve donc dabord dans lexistence dune relation de sens entre les termes. Nous allons exploiter cette caractéristique afin de proposer une conception plus large de la notion de famille de mots qui nous permettra de montrer comment en tirer profit dans le cadre dactivités décontextualisées sur le fonctionnement du lexique. [La suite dans qf 134]
Savoir consulter un dictionnaire, cest bien... savoir comment on le construit, cest mieux Alain Polguère
La connaissance lexicale est au cur de la connaissance linguistique. Pourquoi ? Tout dabord parce que la langue est un système sémiotique complexe constitué de signes qui sont, dans leur immense majorité, de nature lexicale. En un sens, la grammaire dune langue nest que la somme des « quelques » milliers de règles générales qui permettent de combiner les unités lexicales. Le lexique, par contre, est une gigantesque nébuleuse de plusieurs centaines de milliers dunités. Il faut en effet prendre en considération, dans ce décompte, le phénomène de la polysémie (condamner un accusé ~ condamner des propos malveillants ~ condamner lentrée dun immeuble) et les très nombreuses locutions de la langue (prendre les devants, jeter léponge, coup de main...), qui sont des unités lexicales à part entière. Le réseau lexical de la langue est dautant plus complexe que chaque unité lexicale appelée dorénavant lexie est associée à un treillis de caractéristiques qui lui est propre. Les caractéristiques associées à chaque lexie sont de trois ordres. [La suite dans qf 134]
Le dictionnaire : un outil dapprentissage du lexique en lien avec la culture Hélène Cajolet-Laganière
Le Québec vit actuellement une réforme de léducation. On demande aux enseignants et enseignantes de placer la culture au centre de la formation des élèves, de leur enseigner la maîtrise de la langue dans un contexte fonctionnel, utilitaire, donc en relation avec les besoins de communication de la société québécoise et du monde francophone en général. On leur demande enfin de juger de la qualité de la langue orale et écrite des jeunes ; ils doivent par conséquent être en mesure de se référer à une forme standard du français. Mais de quel standard sagit-il ? [La suite dans qf 134]
Quand il y a erreur sur le mot Louise Guénette
Si le vocabulaire ne senseigne pas, comme certains laffirment, il sacquiert, se corrige et saméliore. Placés devant les problèmes de vocabulaire quéprouvent les élèves, les enseignants se sentent parfois incapables de nommer, danalyser et de corriger les erreurs dordre lexical. Pour y arriver, il faut comprendre en quoi et pourquoi tel emploi est fautif. Il faut également maîtriser les outils qui permettent dexpliquer ces erreurs. La Banque de dépannage linguistique est lun de ces outils, que les professeurs et les élèves ont tout intérêt à découvrir. La Banque de dépannage linguistique www.oqlf.gouv.qc.ca [La suite dans qf 134]
Des ressources en inventaire Jean-François Mostert
En consultant le programme de français, on peut être surpris de constater limportance accordée au lexique si on la compare à ce que nous proposent les grammaires et les manuels actuellement en usage dans les classes. Cet écart est sans doute dû à plusieurs causes dont certaines sont évoquées dans les articles de ce dossier : enseignement systématique ou occasionnel, manque de temps et de matériel, absence de formation en lexicographie.
Cest pourquoi nous avons pensé que lenseignant comme lélève devraient pouvoir disposer de ressources variées qui permettraient aux uns un enseignement du lexique selon les stratégies choisies, aux autres en facilitant leur apprentissage du vocabulaire en diverses circonstances lors dactivités personnelles (compréhension ou rédaction de texte, travail de recherche, jeux de lettres, etc.).
Dans cet article, il sagira donc de vous proposer des ressources de toutes de sortes qui sont à la disposition de lenseignant et dont certaines devraient être directement mises au service des élèves. Dans cet inventaire partiel, on vous rappellera dabord les articles déjà publiés dans Québec français, ensuite les ressources offertes dans les livres et les cédéroms qui les prolongent et, enfin, les richesses que lon peut découvrir dans Internet. [La suite dans qf 134]En lien direct : Les adresses faisant référence à des sites web mentionnés dans larticle « Des ressources en inventaire » et dans les sitographies « Dictionnaires en ligne » et « Jeux et exercices » sont accessibles, par un simple clic de souris. Vous trouverez aussi les solutions aux jeux de mots proposés dans les pages du dossier didactique.
Cahier pratique 142
Apprivoiser les TIC Étienne Côté
CHRONIQUES
CHANSON
Voix nouvelles et airs anciens Gilles Perron
Critiques de disques Par-dessus bord, Catherine Major (Productions de londe, 2004) ; Roadtrip, Mathieu Gaudet (Delphinemusik, 2004) ; Migration, La Volée dCastors (La factrie, 2003) ; Polo et les frères live, Polo (Atlantis, 2003) ; Alambic, Claire Vézina (Artic, 2003).
CINÉMA
Au revoir, Lénine ! Chantale Gingras et Georges Desmeules
Disons-le demblée : cest avec un véritable plaisir quon se laisse mener en bateau par la sympathique comédie dramatique de Wolfgang Becker. Ce film allemand, qui a remporté le prix du meilleur film européen au Festival du film de Berlin en 2003, jette un regard à la fois humoristique, lucide et touchant sur la schizophrénie qui a longtemps marqué la culture allemande, partagée entre le système capitaliste à louest et le socialisme à lest. À la chute du mur de Berlin, cette immense balafre de 160 km de long apparue en 1961 sur le visage de lAllemagne, le peuple allemand, en liesse, est réunifié. Histoire de faire un clin dil pas très subtil mais sympathique à cette réunification, Georges et moi avons décidé de nous réunir, le temps dune chronique, Georges représentant bien entendu le bourgeois de lOuest (sans rancune, Georges !) et moi, la socialiste de lEst. Survol, donc, dune double réunification. [La suite dans qf 134]MÉDIAS
Une représentation dynamique de la francophonie : la Base de données lexicographiques panfrancophone Claude Poirier
Lentrée du terme francophonie dans les dictionnaires, dans les années 1970, a déclenché, pourrait-on croire, un mouvement de légitimation des particularismes linguistiques des communautés francophones. Des équipes de chercheurs se sont formées en Amérique du Nord, en Afrique, en Europe et dans les îles de locéan Indien afin de faire linventaire de ces emplois, créant ainsi un champ de recherches nouveau consacré à létude de la variation géographique du français. Pour assurer la cohérence de leur action, elles se sont entendues sur une méthodologie fondée sur la notion de français de référence. [La suite dans qf 134]
HISTOIRES DE MOTS
Baveux, bête et fendant Ludmila Bovet
Sil est possible de rencontrer au Québec un personnage peu fréquentable dont le comportement mérite ces qualificatifs, il nen est pas de même en France ; non que ces traits de caractère universellement répandus aient miraculeusement épargné les habitants de la douce France, mais bien parce que là-bas on les désigne par dautres termes.
Consultons les dictionnaires dusage contemporain, Le Petit Robert et Le Petit Larousse, pour le mot baveux, qui est défini par « qui laisse échapper de la bave » (bouche baveuse, un enfant baveux) et qui se dit par analogie dune omelette peu cuite et moelleuse (omelette baveuse). Lemploi figuré en usage au Québec nest pas décrit. Ladjectif bête appliqué à une personne est défini par « sans intelligence ; sot » dans Le Petit Larousse et par « qui manque dintelligence, de jugement » et aussi « qui manque dattention, dà-propos » dans Le Petit Robert. La locution rester tout bête « interdit, sans réaction » est relevée dans Le Petit Larousse. [...] Enfin, le sens de ladjectif fendant est « amusant, très drôle » dans Le Petit Larousse 2000, ce qui est bien éloigné de lidée suggérée dans le titre ! En revanche, Le Petit Robert (édition de 1993) relève lexpression faire le fendant « le fanfaron, le malin ». [La suite dans qf 134]
LITTÉRATURE JEUNESSE
Les grandes rencontres Isabelle LItalien-Savard
Critiques de livres PRÉSCOLAIRE Des mots en images. Texte dÉmilie Beaumont, pâte à modeler de Christelle Mekdjian. Paris, éditions Fleurus, 2003, coll. « Pâtimages », 57 p. Le secret de Luciole. Texte et illustrations de Mireille Levert. Saint-Lambert, Dominique et compagnie, 2004, 29 p. (version française de Lucys Secret, Groundwood Books/Douglas & McIntyre, 2004). Pas de caprices, Alice. Texte dAndrée-Anne Gratton, illustrations dÉlise Gravel. Mont-Royal, Éditions Banjo, 2004, coll. « Le raton laveur », 24 p. 7-8 ans Monsieur Alphonse et le secret dAgathe. Ania Kazi, illustrations de Gabrielle Grimard. Saint-Lambert, Dominique et compagnie, 2004, coll. « Roman vert », 76 p. Une lettre en miettes. Marie-Danielle Croteau, illustrations de Bruno St-Aubin. Montréal, la courte échelle, 2004, coll. « Premier roman », 61 p. 9-11 ans Le coq de San Vito. Johanne Mercier, illustrations de Steve Beshwaty. Saint-Lambert, Dominique et compagnie, 2004, coll. « Roman bleu », 123 p. Lunivers secret de Willie Flibot. Francine Allard. Montréal, Hurtubise HMH, 2004, 210 p. 12 ans et plus Ma voisine est une vedette. Maryse Dubuc. Gatineau, éditions Vents douest, 2004, coll. « Ado », no 56, 19 2 p. [La suite dans qf 134]
Nanatasis. Robert Dutil. illustrations de Martine Saura. Lévis, Éditions de la francophonie, 2002, 156 p. Pour en savoir plus
PORTRAIT D'AUTEUR
Comment Danielle Simard a écrit certains de ses livres propos recueillis par Monique Noël-Gaudreault. Une fiche de lecture préparée par Évelyne Tran sur Lia et le secret des choses accompagne l'entrevue. La suite dans Qf 134 (pour commander le numéro)