DOSSIER LITTÉRAIRE no 139
 


Le roman à l’école

Dossier présenté par Monique Noël-Gaudreault et Martine Brunet

D’après les résultats récents de l’enquête de Monique Lebrun et de ses collaboratrices, le roman d’aventures obtient la cote auprès des adolescents (79 %). Il devance le roman policier (61 %) et le merveilleux héroïque (51 %), qui arrive ex aequo avec la science-fiction. Cet état de fait n’empêche pas les jeunes d’aimer la bande dessinée (71 %) !

Inventé au Moyen Âge avec le cycle des romans de chevalerie de la Table Ronde de Chrestien de Troyes, le roman est un genre littéraire « sans règle ni frein, ouvert à tous les possibles, en quelque sorte indéfini de tous côtés ». Ainsi s’explique, selon Marthe Robert, l’engouement qu’il suscite dans les sociétés modernes « auxquelles il ressemble au moins par son esprit inventif, son humeur remuante, sa vitalité ».

Le roman se fait, en effet, l’écho d’une parole plurielle, en communication différée avec des lecteurs et lectrices, eux aussi protéiformes. Travestissement ou représentation plus ou moins précise de la réalité, il est aussi un lieu d’identification. Il véhicule des idées, non sans refléter des stéréotypes culturels. Enfin, le roman porte les traces d’une recherche esthétique de la part de l’auteur, qu’il importe d’apprendre à apprécier.

Dans ces conditions, comment s’étonner que ce « genre indéfini » ait été convié à l’école, où il permet aux élèves d’aujourd’hui de s’instruire tout en se divertissant ? Le programme de français suggère la lecture de plusieurs œuvres littéraires narratives complètes pour les élèves du secondaire afin de leur faire découvrir des univers littéraires. On y recommande la lecture de romans policiers, historiques, fantastiques, d’amour, d’anticipation, etc. afin que l’enseignant puisse présenter à l’élève des univers et des auteurs différents.

Les œuvres retenues pourront provenir du passé comme de l’époque actuelle, appartenir à la francophonie (France, Belgique, Afrique, etc.), au Québec ou au patrimoine mondial (œuvres traduites). Ce qui importe, ce sera de faire découvrir à l’élève québécois des univers littéraires pour lui permettre d’élargir son horizon de lecteur.

Le roman d’aventures constitue un genre très apprécié des adolescents, aussi Bernard Harvey s’est-il préoccupé de proposer aux enseignants des outils leur permettant un enseignement en classe. Il insiste sur la tension narration / description et le parcours descriptif du héros. L’enseignant est ainsi amené à susciter des observations auprès de ses élèves sur divers types de héros ou d’anti-héros.

Monique Noël-Gaudreault, quant à elle, s’intéresse à ce que les garçons lisent. Elle a interrogé François Gravel, auteur de La piste sauvage, pour savoir ce que lui lisait quand il était enfant et pour connaître ses critères pour plaire à ses lecteurs garçons.

Pour sa part, Caroline Cloutier a réalisé un projet en compagnie de 12 élèves du 2e cycle du primaire : leur faire écrire chacun un roman. Elle évoque la nature du projet, les étapes de réalisation, quelques difficultés rencontrées ainsi que les retombées du projet. Le lecteur peut consulter deux productions d’élèves.

Denis Simard et Héloïse Côté se sont intéressés à l’approche culturelle dans l’enseignement du français. Ils en ont rappelé les six dimensions : littéraire et esthétique, historique, langagière, sociologique, herméneutique et critique, puis ils complètent avec des pistes pédagogiques à expérimenter en salle de classe.

Suzanne Pouliot a retenu les aspects culturels du roman pour la jeunesse à l’école primaire. Son propos est de cerner les dimensions culturelles associées au roman. Elle nous parle de l’univers romanesque des 6-8 ans et des lecteurs habiles de 8-12 ans.

Mélanie Benoit a créé un projet littéraire publié sur le Web : « Les aventures du petit Piché ». Au fil des semaines, ses élèves ont construit un univers à ce personnage « qui aime parler aux plantes ». Ce projet d’écriture, qui fait participer dix classes de l’école, s’est terminé avec un jeu questionnaire et s’est avéré une aventure à revivre.

La lecture des classiques de la littérature pour la jeunesse a retenu l’attention de Noëlle Sorin qui s’est penchée sur les raisons de lire des classiques et sur la typologie des héros et de leur parcours. Elle a retenu un corpus de romans d’aventures susceptible d’intéresser les adolescents lecteurs.

Olivier Dezutter, Carl Morissette, Marie-Douce Bergeron et Isabelle Larivière présentent une recherche menée en 2003 qui a tenté de fournir des réponses à quelques questions : quelles sont les pratiques actuelles des enseignants québécois à propos du programme de lectures imposé ou proposé aux élèves ? Quelles sont leurs exigences à propos de la quantité d’œuvres à lire ? Quels sont les types d’activités menées autour de la lecture des œuvres ? Bonne lecture !

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