Littérature, société, langue, pédagogie : le Québec en revue!
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Titre147

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SOMMAIRE 147

  • Éditorial
    La langue française,
    au cœur de la mondialisation
    et de la diversité culturelle
    Aurélien Boivin

  • AQPF
    Choisir d’enseigner
    aussi la poésie
    Arlette Pilote

  • Humeur
    D’une commission à l’autre
    Gilles Perron

    Dossier littéraire
    La chanson québécoise :
    voix d'hier et d'aujourd'hui
  • Présentation
    Gilles Perron

  • Les valeurs collectives dans la chanson québécoise
    Gilles Perron

  • Les voix des auteures-compositeures et interprètes populaires : une toile arc-en-ciel
    posée entre elles et nous
    Danielle Tremblay

  • Par quatre... chansons !
    André Gaulin

  • La chanson au Québec :
    de l’art de dire à l’industrie
    de l’insignifiance
    Guy Genest

  • L’Osstidcho : une expérience
    de libération
    Bruno Roy

    Dossier pédagogique
    Rimes et rythmes : enseigner
    la poésie

  • Présentation
    Réal Bergeron et Raphaël Riente
  • La créativité : un ailleurs à explorer
    Michel Turcotte

  • Réconcilier les élèves avec la poésie
    Julie Ayotte

  • La clef des chants
    Brian Thompson

  • Entrevue avec Calixte Duguay. Le chantre de l’Acadie
    Propos recueillis par Monique Noël-Gaudreault

  • Entrevue avec Zachary Richard. Un Cajun sur la route
    Propos recueillis par Monique Noël-Gaudreault

  • Entrevue avec Steve Jolin (Anodajay). Croire en ses rêves
    Propos recueillis par Martine Brunet

  • Dynamiser l’enseignement de la poésie contemporaine
    Isabelle Duval

  • Quelle place pour la poésie au secondaire ?
    Susan Jefferson et Réal Bergeron

  • Dénouer les poèmes de Miron
    Pascal Chevrette

  • Passeport pour la Mironie
    Réjane Gélinas

  • Réécrire « La cigale et la fourmi »
    Suzanne Pouliot

  • Pour des ateliers d’écriture « poéthique »
    Pierre Ceysson

  • Entretien avec Hélène Dorion.
    Sur la route des possibles

    Alexandre Drolet

Cahiers pratiques

  • 165_Le conte...
    quand la poésie s’emmêle

    Fanny Richer

  • 166_Poètes, à vos plumes !
    Josiane Letellier

    Mireille Bélanger et Roxanne Harvey

Chroniques

  • Fiche de lecture
    Homme invisible à la fenêtre
    ou la renaissance au monde
    Aurélien Boivin

  • Chanson
    Jeux de maux
    Gilles Perron

  • Cinéma
    Malade de Michael Moore.
    Santé et prospérité

    Chantale Gingras

    Histoires de mots
    L’ordinaire et insignifiant
    sur un terrain glissant

    Ludmila Bovet

    Littérature de jeunesse
    Bruissements de feuilles
    Isabelle L’Italien-Savard

  • Entrevue
    Comment Marie-Danielle
    Croteau a écrit certains
    de ses livres

    Monique Noël-Gaudreault

  • Fiche de lecture jeunesse
    Les carnets du Mouton noir
    de Marie-Danielle Croteau

    Martine Brunet



    Protocole de rédaction
    pour les collaborateurs
    de la revue Québec français




    NOUVELLE PARUTION

GuideAqpf

La culture en classe de français sous la direction de Anne-Marie Boucher et Arlette Pilote. (AQPF/Publications Québec français, Québec, 2006,140 pages). Tirage limité.

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  • Nouveautés / critiques automne 2007

ANTHOLOGIE BERNARD ANDRÈS [dir.] La conquête des lettres au Québec (1759-1799) CONTE ROBERT PAYANT Dans le creux de l’oreille. Cent et un contes pour tous • COLLECTIF Il faut tenter le diable ! ESSAI MADELEINE OUELLETTE-MICHASKA Autofiction et dévoilement de soi étude DOMINIQUE DESLANDRES, JOHN A. DICKINSON et OLIVIER HUBERT Les Sulpiciens de Montréal. Une histoire de pouvoir et de discrétion. 1657-2007 NOUVELLE FRANÇOIS LAVALLÉE Dieu, c’est par où • SUZANNE MYRE Mises à mort POÉSIE STÉPHANE D’AMOUR L’île • PAULE DOYON Par la fenêtre, je l’aperçois, elle attend… • YVES LAROCHE L’alcool des jours et des feuilles • LOUIS-JEAN-LOUIS THIBAULT Reculez falaise RÉCIT CLAUDE BEAUSOLEIL Alma ROMAN JULIAN BARNES Arthur et George • STÉPHANE BOURGUIGNON Sonde ton cœur, Laurie Rivers • WILLIAM BOYD La vie aux aguets • PIERRE CAYOUETTE Les jambes de Steffi Graf  • JOËL CHAMPETIER Le voleur des steppes • FRANÇOISE CHANDERMAGOR La voyageuse de nuit • MICHAEL COX La nuit de l’infamie. Une confession • MARIE-BERNADETTE DUPUY Le moulin du loup • ROBERT GAGNON La mère morte • MAURICE ELIA Flashback love • FRANCIS MALK Le jardinier de Monsieur Chaos • HUBERT MINGARELLI Marcher sur la rivière • IRÈNE NÉMIROVSKY Chaleur du sang • GEORGE ORWELL Une fille de pasteur • ARTURO PÉREZ-REVERTE Le peintre de batailles • LYNE RICHARD Le bruit des oranges • LEONIE SWANN Qui a tué Glenn ? • CHRISTIANE SINGER Derniers fragments d'un long voyage • ANNE TREMBLAY Le château à Noé (Tome 1– La colère du lac) ( Tome 2– La chapelle du Diable) • ISABELLE VAILLANCOURT Rose la pie.

À lire dans le numéro 147 (pour commander le numéro)

  • Dossier littéraire
    La chanson québécoise : voix d'hier et d'aujourd'hui
    Présenté par Gilles Perron

Le dernier dossier consacré par la revue Québec français à la chanson s’intitulait « Chanson et littérature », à l’automne 2000 (no 119), et explorait, comme son titre l’annonçait bien, l’inscription du texte de chanson dans la littérature. Sept ans plus tard, nous vous proposons cinq articles où il sera question de textes de chansons, bien évidemment, mais aussi de leurs rapports avec l’histoire culturelle et avec l’industrie.
Pour ouvrir le dossier, je propose un article sur les valeurs collectives dans la chanson québécoise, où je constate que les valeurs pacifistes et altermondialistes des jeunes des années 2000 doivent beaucoup à Raymond Lévesque, dont l’apport à la chanson québécoise (et française) est trop souvent négligé.

Dans le second texte du dossier, Danielle Tremblay, enseignante et musicienne, fait bien voir l’apport original des femmes à la chanson populaire québécoise, montrant comment la voix est porteuse d’une manière, d’un style, d’un sens : en particulier, elle révèle la couleur personnelle des voix d’Alys Robi, Diane Dufresne, Ginette Reno, Céline Dion et Isabelle Boulay.

Pour sa part, André Gaulin, à qui l’on doit, entre autres, l’introduction de la chanson dans les études littéraires universitaires, fait une lecture de quatre chansons du répertoire en s’appuyant sur la tropation pour montrer les liens entre rythmique et sens : « Va-t’en pas », de Richard Desjardins, « La ville depuis », de Clémence DesRochers, « L’ange vagabond », de Richard Séguin et « L’ancêtre », de Félix Leclerc.

Dans un autre registre, Guy Genest, enseignant au cégep Limoilou, prend comme point de départ ses cours de littérature québécoise des trois dernières années pour livrer un jugement sévère sur l’industrie de la chanson au Québec. Dans ses cours, il constate que Sylvain Lelièvre est un obscur inconnu ; que l’on connaît Félix Leclerc et ses classiques, mais que presque personne n’est en mesure de dire de quoi il est question dans ses chansons ; que la censure existe encore, quoi qu’on en pense. Son texte, plus un essai (parfois proche du pamphlet) qu’une analyse du phénomène, condamne l’industrie où il constate le triomphe de l’insignifiance.

Enfin, Bruno Roy, auteur de plusieurs livres importants sur la chanson québécoise, ferme le dossier en recréant la genèse de l’Osstidcho, un spectacle-événement qui a marqué durablement l’univers de la chanson au Québec. Il en fait ressortir le caractère à la fois improvisé et sacralisé, s’appuyant sur les propos des principaux participants au spectacle, Robert Charlebois en tête, mais aussi Yvon Deschamps, Louise Forestier, Mouffe, Paul Buissonneau, sans oublier le Jazz libre du Québec.

Bonne lecture !

À lire dans le numéro 147 (pour commander le numéro)

  • Dossier pédagogique
    Rimes et rythmes : enseigner la poésie
    par Monique Noël-Gaudreault et Ginette Leroux

Le texte poétique est un fruit mûr qu’il faut choisir parmi d’autres, savourer et partager. L’un sera illisible, lyrique ou rempli de clichés ; l’autre, tout à fait accessible, réaliste et percutant. Il n’attend que d’être cueilli, lu et entendu en vers ou en prose, en rythme ou en musique. On ne le trouvera pas sur une route pavée et achalandée, mais sur un chemin broussailleux, sinueux et imprévisible, menant à une clairière ensoleillée, un torrent fougueux, une falaise vertigineuse. Soudainement, il nous enveloppe d’images, de sons et de sensations, et nous laisse émerveillé et perplexe à la fois.

Accompagner l’élève dans son appropriation du texte poétique, c’est d’abord lui donner l’occasion d’en lire et d’en écouter un bon nombre qui le rejoint et de le laisser choisir celui qu’il apprécie vraiment. Il ne s’agit pas de tout analyser, d’avoir toutes les réponses, mais de découvrir avec lui ce que cachent les mots à travers un nouveau regard, une nouvelle écoute, une nouvelle émotion. Mais cela requiert une certaine disponibilité, une volonté d’abandon difficilement atteignable dans notre monde de vitesse et de couleurs floues. Faire de la poésie est un acte de création qui donne une seconde vie à des mots qui, mis côte à côte, s’éveillent ; c’est un acte d’ouverture sur le monde, malgré son aspect si personnel.

L’école est d’abord un lieu de culture où l’élève se construit une culture « poétique » à travers une diversité de poèmes et de chansons d’époques et d’origines différentes. C’est aussi un lieu d’expression, un lieu d’épanouissement. Le texte poétique est un outil parfait d’exploration de soi, des autres, du monde et du langage. Il s’agit d’accompagner l’élève dans l’appropriation de cet outil, le faire « entrer en poésie », pour reprendre une expression consacrée, et lui faire découvrir par l’écoute et par la lecture les trésors qu’il recèle.

Bruner (Culture et modes de pensée, Paris, Retz, 2000) affirme qu’il n’existe pas de réalité autrement que celle médiatisée par une perception, un regard sur quelque chose. En ce sens, les « images » de la réalité sont des constructions culturelles autant que le sont les « images » de la poésie. Les unes ne sont pas plus vraies que les autres. Il faut sensibiliser les élèves à cela lors de leur « entrée en poésie ». Une création de poème ou de chanson, c’est une mise en forme de la réalité, mais combien plus puissante que le sens habituel des mots. La poésie, la chanson, la littérature en général est éducative… parce qu’elle est médiatisée par un enseignant.

Le présent dossier s’ouvre sur un texte de Michel Turcotte. L’auteur propose aux lecteurs un véritable passeport pour l’imaginaire. La créativité est au centre de sa carte d’exploration ; elle dessine de nouvelles pistes mais fait aussi s’échouer des lieux communs. Une activité pratique (voir en page 70) sur l’écriture poétique accompagne cet article et propose une démarche didactique stimulante ainsi que des idées de projets susceptibles de rallier plusieurs enseignants et élèves.

Dans la même foulée, Julie Ayotte réalise un véritable plaidoyer pour la créativité dans la formation des jeunes, fondée sur la lecture et plus spécifiquement sur l’écriture de poèmes et de chansons. Véritable tremplin de l’expression culturelle des individus, la poésie constitue, selon l’auteure, un outil de formation personnelle et sociale au sein duquel la dimension ludique qui y est intégrée est porteuse du plaisir d’apprendre.

Brian Thompson, avec « La clef des chants », propose quelques idées pour travailler la chanson en classe. Il existe des chansons pour toutes les occasions qui, lorsqu’elles sont bien choisies par l’enseignant, sont mieux comprises et appréciées par les apprenants. Les textes qui accompagnent la musique peuvent être exploités sur les plans linguistique et culturel, à l’aide d’outils linguistiques, de grilles d’écoute et d’activités variées.

Dans un autre ordre d’idées, Québec français a recueilli les propos de trois grands de la culture québécoise, Calixte Duguay, Zachary Richard et Steve Jolin (Anodajay), qui racontent, à tour de rôle, et à leur façon, leur parcours en poésies et en chansons. De quoi alimenter plusieurs échanges entre les élèves et avec l’enseignant autour de toutes ces rimes et de tous ces rythmes qui émergent de leur tête !

Pour sa part, Isabelle Duval rappelle à l’enseignant du secondaire et du collégial les principaux défis que pose l’enseignement de la poésie contemporaine. Elle fait d’abord remarquer le rapport plutôt ambivalent des élèves, mais aussi de plusieurs enseignants, à l’égard de la poésie en général. Divers stéréotypes, encore trop fortement ancrés dans l’imaginaire éducatif, ne permettent pas, actuellement, à la poésie de prendre véritablement sa place à l’école. L’auteure propose cinq pistes pour dynamiser son enseignement. Un cahier pratique, publié dans la prochaine édition de la revue, illustrera ces pistes à l’intérieur d’une séquence d’enseignement.

Susan Jefferson et Réal Bergeron s’intéressent, quant à eux, aux conceptions des futurs enseignants de français au sujet de la place de la poésie dans les écoles secondaires et de son enseignement. Bien que ces derniers considèrent que la poésie a toujours sa place à l’école, ils affirment, néanmoins, qu’elle devra être enseignée autrement si l’on veut qu’elle soit plus proche de la réalité des jeunes d’aujourd’hui.

Dans « Dénouer les poèmes de Miron », Pascal Chevrette nous explique combien il est difficile pour les cégépiens en général de lire et de comprendre la poésie de Gaston Miron, étant donné la richesse lexicale de ses textes. Grâce à des activités lexicales, on arrive à donner aux signifiés d’autres signifiants, à interpréter le sens figuré des mots et à décoder d’une certaine façon le message transmis par l’auteur. Par ailleurs, lire Miron, c’est aussi lire un roman historique évoquant le portrait d’un Québec en pleine évolution, dont les références culturelles et historiques doivent être explicitées aux lecteurs pour que le texte leur soit accessible.

Réjane Gélinas
décrit une séquence d’enseignement au collégial portant sur la poésie de Miron dans son ensemble. Les étudiants sont amenés à découvrir, en partie, la vie et l’émergence de son œuvre dans les contextes politique, social, économique, linguistique et littéraire du Québec des années soixante. Le sens, le style, la forme, le pouvoir évocateur des jeux de mots et de la syntaxe déroutante de Miron sont aussi à l’étude. Une dissertation et un retour sur les activités d’apprentissage viennent clore la séquence.

Suzanne Pouliot concentre son travail sur l’analyse d’une fable référentielle, « La cigale et la fourmi », de Jean de La Fontaine, réécrite par trois auteurs québécois : Raymond Plante, Guy Dessureault et Robert Soulières. Elle met en valeur les procédés intertextuels présents dans les œuvres à l’étude et présente quelques retombées didactiques en découlant. L’intertextualité se situe au cœur de l’enjeu didactique et rejoint ainsi une conception dynamique de la culture.

Pierre Ceysson, dans « Pour des ateliers d’écriture “poéthique” », propose des activités d’écriture poétique collective où la poésie naît de photos, de notes manuscrites, de joutes verbales, de lieux fréquentés, d’expériences vécues ou de souvenirs proches. Les échanges de mots, de phrases et de textes entre les participants mettent à jour leurs impressions, leurs associations de mots et d’idées, ainsi que des références communes et des appropriations variées des textes qu’ils lisent et qu’ils écrivent à partir de modèles fournis et sous différentes contraintes.

De son côté, Alexandre Drolet nous rapporte les propos d’Hélène Dorion, enseignante et poète, sur son œuvre et sa vie. D’enseignante de littérature à co-directrice d’une maison d’édition et écrivaine, Hélène Dorion fait état des facteurs qui influencent son écriture, comme le questionnement existentiel, sa curiosité, sa soif de liberté et d’autonomie. Il y est aussi question de pédagogie, de son désir de guider l’étudiant sans le contraindre, de démystifier la poésie et de la rendre accessible à tous. La poésie est plus près des jeunes qu’on le croit, à condition qu’ils y reconnaissent leur réalité, qu’ils y voient leurs repères.

À lire dans le numéro 147 (pour commander le numéro)

  • Cahiers pratiques

    Fanny Richer
    présente une situation d’apprentissage et d’évaluation visant à faire découvrir aux élèves du secondaire le langage poétique au moyen du texte narratif. Un conte de Fred Pellerin, ainsi que la légende d’Alexis le Trotteur, servent de points d’ancrage à la situation. Nul doute que rimes et rythmes alimenteront les discussions en classe dans la découverte du langage poétique des auteurs mais aussi de celui des élèves.

    Mireille Bélanger et Roxanne Harvey proposent une série d’activités à réaliser avec les poètes en herbe. Bonne lecture !

Cahiers157-161