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SOMMAIRE 149
Printemps 2008
La culture en classe de français sous la direction de Anne-Marie Boucher et Arlette Pilote. (AQPF/Publications Québec français, Québec, 2006,140 pages). Tirage limité.
BON DE COMMANDE
CORRESPONDANCE SUZIE ROBICHAUD Lettres à Jean-Élie NOUVELLE GILLES JOBIDON D’ailleurs • NICOLE FONTAINE Moi, j’avais pas l’habitude de naître • STANLEY PÉAN Autochtones de la nuit • ANDRÉ TROTTIER Intersections POÉSIE JOSÉ ACQUELIN L’absolu est un dé rond • ALAIN FISETTE Tous mes lecteurs sont morts • NORMAND GÉNOIS Le même souffle • GUILLAUME LEBEL La voix meurt pleine • GUY MARCHAMPS L’innommé suivi de Poème d’amour à l’humanité • MICHEL PLEAU La lenteur du monde • ALEXANDRE TRUDEL Des robes de baleines RÉCIT MAGGIE BLOT Plagiste. Dormir ou esquisser ROMAN BERNARD ANDRÈS Fidel, D’Iberville et les autres • MURIEL BARBERY L’élégance du hérisson • MICHEL BASILIÈRES L’oiseau noir • STÉPHANE BERTRAND Clark et les autres • FRANÇOIS BLAIS Nous autres ça compte pas • SÉBASTIEN CHABOT Le chant des mouches • FRANÇOIS DSALLIERS Un monde de papier • E. L. DOCTOROW La marche • STÉPHANE DOMPIERRE Mal élevé • MARIE-BERNADETTE DUPUY Le chemin des falaises • JIM HARISSON Retour en terre • SERGIO KOKIS Le retour de Lorenzo Sánchez • MARIE LABERGE Sans rien ni personne • PHILIP LE ROY Le dernier testament • CYRILLE MARTINEZ L’enlèvement de Bill Clinton • CORMAC McCARTHY La route • PATRICK MODIANO Dans le café de la jeunesse perdue • MICHÈLE PLOMER Le jardin sablier • PHILIPPE PORÉE-KURRER La main gauche des ténèbres • RUNO ROY N’oublie pas l’été • ROBERT SABATIER Les trompettes guerrières • JOSÉ CARLOS SOMOSZA La théorie des cordes • PIERRE TOURANGEAU La moitié d’étoile •
La bande dessinée, ce 9e art, serait-elle sur le point de conquérir un des derniers bastions qui lui résistent encore, celui du monde de l’éducation ? C’est fort probable. À tout le moins, une révolution tranquille est en train de séduire les professeurs en général et ceux de français en particulier.
La croissance phénoménale du marché de la BD dans la francophonie, tout comme au Québec, associée à la diversité des thèmes abordés, de la provenance des auteurs, et à l’apparition d’une création ainsi que d’un lectorat féminins, sont quelques-unes des raisons qui font que la BD est plus attirante que jamais. Toutefois, c’est la disparition progressive de la mauvaise réputation de la BD, qui n’était de toute façon fondée sur rien de scientifique (le texte de Michaël Grégoire, consacré à cette mauvaise réputation, résume magnifiquement ce problème) qui fait qu’aujourd’hui le monde de l’éducation s’ouvre, s’interroge et réfléchit sur les possibilités pédagogiques qu’offre ce dynamique moyen d’expression. Plusieurs points de vue sont ici considérés.
Dans ce dossier, des spécialistes ont imaginé différentes activités où la BD devient un outil pour le professeur de français, mais aussi d’histoire, de géographie ou de sociologie. Les différents ordres d’enseignement y trouvent aussi leur compte. Pour ouvrir ce dossier, l’auteur de ces lignes s’est intéressé aux considérations économiques et culturelles. Michel Viau, qui est une référence en matière de BD québécoise, s’attarde à l’évolution qu’a connue la BD québécoise au fil des ans. Suivent une analyse et quelques suggestions de lecture de la part de Pierre Skilling, un spécialiste de l’œuvre d’Hergé, un texte de Michaël Grégoire sur la mauvaise réputation de la BD en particulier en classe, ainsi qu’une réflexion très pertinente de Natalie Gagnon sur le lien entre BD historique et fantastique. L’expérience réalisée par Michaël Grégoire, professeur au secondaire, à partir des ouvrages de Michel Rabagliati (l’incontournable auteur québécois de la série Paul), est en tout point révélatrice de ce que la BD peut apporter à l’enseignement. Michel Giguère, quant à lui, va plus loin et explore quelques possibilités d’exploitation pédagogique d’un genre qui n’a pas fini de nous étonner. Les différents exemples que Jean-François Boutin, professeur de didactique du français à l’UQàR, présente sont autant de sources d’inspiration pour tout professeur le moindrement audacieux. Les travaux de Charles Montpetit sur la création d’une bande dessinée ou ceux de Pascal Lapierre sur la substitution sont d’autres possibilités qui peuvent se réaliser dès le primaire.
Ces nouvelles expériences ont déjà été mises en pratique et d’autres pistes originales s’offrent dorénavant à tous les professeurs qui veulent faire de la BD un réel allié pédagogique. Ce sera d’ailleurs le but du 1er Colloque sur la bande dessinée et l’enseignement du français, qui aura lieu dans le cadre du Festival de la BD francophone de Québec, le vendredi 18 avril 2008 dans les locaux du Campus de Lévis de l’Université du Québec à Rimouski. http://www.uqar.qc.ca/uqar-info/1107/Bandedessineeenseignement.asp
Décidemment BD et enseignement n’ont pas fini de se côtoyer et c’est tant mieux…
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À lire dans le numéro 149 (pour commander le numéro)
Les écrits et les oraux pour apprendre s’inscrivent dans la foulée d’une conception de l’apprentissage fondée sur l’appropriation du savoir par l’élève et sur l’accompagnement de l’enseignant. Ils sont considérés comme des outils didactiques visant à accompagner le développement des compétences de l’élève. Mais que sont-ils au juste ? Ce ne sont certes pas des écrits et des oraux au sens où nous les entendons habituellement, c’est-à-dire des produits finis qui se mesurent, d’entrée de jeu, par rapport à leurs écarts à la norme. Ils ont plutôt un statut de médiation, d’« intermédiaire », pour reprendre la terminologie de Jean-Charles Chabanne et Dominique Bucheton1. En somme, ils servent à apprendre, peu importe les notions ou les procédures, en français, en mathématique, en science et technologie, etc., à favoriser le développement cognitif et métacognitif de l’élève qui apprend. Lui faire exprimer une pensée, lui permettre de l’élaborer, de l’objectiver grâce aux échanges avec les pairs, de la restructurer au moyen de l’écrit, telles sont les principales visées des écrits et des oraux pour apprendre.
Ces écrits et ces oraux sont réflexifs dans la mesure où ils agissent comme des « révélateurs » des processus d’apprentissage de l’élève : émergence de ses représentations initiales, construction et structuration de ses connaissances, régulation de ses apprentissages. Ils peuvent être de formes et de longueurs variées : une liste, un questionnement libre, une reformulation orale ou écrite, un récit oral ou écrit, une carte sémantique, un résumé descriptif, etc.
Dans ce numéro, Québec français s’est penchée sur cette question des écrits et des oraux pour apprendre. Les aspects suivants ont orienté les divers points de vue d’écriture : les types et les genres d’écrits et d’oraux ; les écrits et les oraux pour apprendre, considérés comme des outils guidant le développement des composantes cognitive et métacognitive de l’apprentissage de l’élève ; des pistes d’exploitation en classe de ces écrits et de ces oraux ; des retombées didactiques et pédagogiques de leur utilisation en classe ; des outils d’intégration du français parlé et écrit dans les autres disciplines scolaires ; etc.
Le dossier s’ouvre sur un texte des chercheurs didacticiens Jean-Charles Chabanne et Dominique Bucheton, qui définissent d’abord la notion d’« écrit intermédiaire » et donnent ensuite quelques exemples de pratiques scolaires. Les auteurs terminent leur article en décrivant sommairement certains gestes professionnels de pilotage et d’étayage liés à la pratique de ces écrits en classe afin que les élèves puissent en tirer le meilleur parti.
De son côté, Jacques Crinon décrit le rôle d’objectivation des enjeux d’apprentissage que joue le journal des apprentissages chez des élèves de 9 à 12 ans. Ces derniers se servent de ce journal pour y pratiquer une écriture réflexive, y noter les activités scolaires de la journée et les commenter. Pendant l’année, les commentaires deviennent plus critiques, plus rigoureux, dans un journal considéré comme un outil intellectuel qui stimule la réflexion, qui favorise la formulation et le partage des écrits avec les autres élèves de la classe. Ce type d’activité réflexive produit un effet positif sur les jeunes en difficulté.
Manon Hébert propose l’utilisation d’un journal de lecture qui soutient le lecteur pendant la lecture du roman, ce qui améliore, d’une part, sa compréhension, et, d’autre part, l’écriture de son commentaire critique de lecture. Cette tâche d’écriture réflexive est enrichie par les échanges avec l’enseignant et les pairs, dont les commentaires permettent à l’élève de faire un retour sur ses interprétations initiales et celles des autres. Les commentaires critiques de lecture sont élaborés en fonction d’une stratégie de lecture enseignée explicitement, de laquelle découlent les propos de l’élève.
Pour sa part, Réal Bergeron fait la distinction entre les écrits pour apprendre et les écrits pour communiquer. Les écrits pour apprendre sont des outils favorisant l’activité cognitive, la réflexion, la construction du sens et l’apprentissage. Leur élaboration met en lumière le processus d’apprentissage de l’élève plutôt que le produit final qui sera évalué. Ce qui prime d’abord est le travail de l’élaboration du sens que poursuit l’élève lors de ses réécritures et non la norme orthographique. Ses essais d’écriture l’informent sur sa progression lors de chaque réécriture, après chaque nouvelle consigne de l’enseignant, grâce au questionnement de ce dernier et aux commentaires de ses pairs. Pour terminer, l’auteur décrit brièvement un projet d’apprentissage de la cohérence textuelle en contexte de révision d’une nouvelle littéraire par des élèves d 4e secondaire.
Par ailleurs, du côté du domaine des sciences, deux articles sont présentés. Le premier, d’Yvette d’Entremont, résume une activité scientifique motivante portant sur l’imperméabilité des tissus pendant laquelle les élèves développent leurs habiletés langagières, leur vocabulaire, leur pensée critique et leur esprit scientifique. En petits groupes de travail coopératif, ils communiquent entre eux à plusieurs reprises pour effectuer les tâches requises, enrichissant ainsi leur vocabulaire et rehaussant la qualité de leurs propos à mesure que l’activité progresse. Le deuxième, de Leonard P. Rivard, énumère quelques activités pédagogiques mettant de l’avant les langues écrite et orale pour appuyer l’apprentissage des sciences. Il y est question notamment de la construction d’un schéma conceptuel en petit groupe, de l’utilisation d’un guide de lecture pour améliorer la compréhension en lecture ainsi que du travail coopératif pour améliorer le compte rendu oral et écrit d’un travail scientifique.
De son côté, Ginette Plessis-Bélair décrit l’oral réflexif comme un médium d’apprentissage qui tire son succès de l’étayage de l’enseignant (qui agit comme médiateur et motivateur) et de la motivation de l’élève en difficulté. L’écoute et l’échange des commentaires entre les élèves favorisent leur compréhension des articles de journaux qu’ils ont lus, les poussent à réfléchir et à verbaliser leur pensée, un acte périlleux qu’ils ne regrettent pas s’ils sont bien accompagnés.
Sylvie Blain rend compte de l’impact du groupe de révision rédactionnelle, le GRÉRÉ, dans le développement de la compétence en écriture par l’oral réflexif. Les jeunes scripteurs profitent des commentaires oraux de leurs pairs à propos de leur texte pour l’améliorer après chaque rencontre. Le GRÉRÉ joue un rôle de régulation des apprentissages portant sur la langue ainsi que sur les stratégies d’écriture et de communication orale, et favorise l’activité cognitive et métacognitive des jeunes apprenants.
Jacky Caillier étudie les effets positifs d’un dispositif de tutorat sur l’élève en position de tuteur et il conclut que les réflexions, les actions et les interactions verbales de ce dernier lui permettent de se construire, de devenir un sujet scolaire qui participe à la co-construction d’une culture dans la classe favorisant les apprentissages. Le tuteur, qui est plus âgé, aide un élève plus jeune et, paradoxalement, les deux en tirent un bénéfice.
Pour leur part, Martine de Grandpré et Lizanne Lafontaine font appel à l’écrit réflexif et à l’approche par la résolution de problèmes pour aider l’élève à enrichir ses connaissances grammaticales et à les appliquer dans ses productions écrites. L’élève reçoit son texte annoté et corrigé, et se penche sur un problème en particulier qu’il tente de résoudre grâce au modèle de résolution de problèmes du chercheur américain Andre. Sa réflexion est mise à l’épreuve tout au long du travail de réécriture, ce qui favorise de nouveaux apprentissages.
Hiên-Minh Lê présente une démarche de lecture et d’écriture pour aider les élèves à mieux s’approprier l’univers narratif d’une œuvre par la perception, l’évocation et l’interprétation des divers éléments de l’œuvre. Grâce à des travaux écrits sur les personnages, les lieux, l’auteur, etc., ainsi qu’à des interactions verbales à l’intérieur des cercles de lecture, les élèves développent leur esprit de synthèse, enrichissent leur vocabulaire, améliorent leur réflexion et leur concentration, et apprennent à appliquer des stratégies de lecture et d’écriture dans leurs travaux.
Pour finir, Anne Roy fait part d’une étude menée auprès d’étudiants en formation à l’enseignement des mathématiques au primaire, qui vise le développement de leurs habilités réflexives en les conviant à faire de la philosophie dans un cours de mathématique. Selon elle, « il est possible d’ajuster notre intervention éducative pour que nos exigences réflexives concordent avec les habiletés cognitives naturelles des étudiants ».
Note
1 Parler et écrire pour penser, apprendre et se construire. L’écrit et l’oral réflexifs, Paris, Presses universitaires de France, 2002.Cahiers pratiques
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À lire dans le numéro 149 (pour commander le numéro)
Dans la section des cahiers pratiques, Lizanne Lafontaine et Martine Labonté-Chartrand proposent de faire vivre l’oral réflexif aux élèves du second cycle du secondaire au moyen d’un projet d’écoute. Ce projet consiste en une analyse de la bande-annonce du film Les Choristes. Un deuxième projet d’écoute sera présenté dans une prochaine édition.
Bonne lecture !