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SOMMAIRE 150
Été 2008
Vues du Québec. Un guide culturel sous la direction d'Aurélien Boivin,de Chantale Gingras et Steve Laflamme. (Publications Québec français, Québec, 2008, 268 pages couleur).
La culture en classe de français sous la direction de Anne-Marie Boucher et Arlette Pilote. (AQPF/Publications Québec français, Québec, 2006,140 pages).
BON DE COMMANDE
ANTHOLOGIE AURÉLIEN BOIVIN Contes, légendes et récits de la région de Québec BIOGRAPHIE ROMANCÉE DEBORAH COWLEY Lucille Teasdale, docteur courage CONTE SYLVAIN RIVIÈRE Contes de hautes mers et d’au-delà ESSAI PIERRE-LUC BÉGIN Loyalisme et fanatisme. Petite histoire du mouvement orangiste canadien • PIERRE CARON Promenades à Québec • J. M. G. LE CLÉZIO Ballaciner • NORBERT SPEHNER Scènes de crimes. Enquêtes sur le roman policier contemporain ÉTUDE PIERRE PAGÉ L’histoire de la radio • PIERRE OUELLET et SIMON HAREL [dir.] Quel autre ? L’altérité en question NOUVELLE JADE BÉRUBÉ Le rire des poissons • FRÉDÉRICK DURAND À l’intention des ombres • ANNIE PROULX Nouvelles histoires du Wyoming • GARY VICTOR Treize nouvelles vaudou • LAURENT THEILLET Il paraît qu’il fait froid POÉSIE JEAN-YVES COLLETTE Parcours d’Anna • ANDRÉ COUTURE Les doux fantômes d’un grand regret. La vie et l’œuvre d’Antonio Desjardins (1894-1953) • GABRIEL LANDRY L’œil au calendrier RÉCIT CLAIRE MARTIN Le feu purificateur ROMAN JEAN-PIERRE APRIL Mon père a tué la Terre • JEAN CHARLEBOIS Elle-Aime. Les Heures bleues / La Passe du vent • LYSE CHARUEST Marcher sur l’eau • PHILIPPE CLAUDE Le rapport de Brodeck • PIERRE GARIÉPY Lomer Odyssée • DANY LAFERRIÈRE Je suis un écrivain japonais • ROBERT MALTAIS Hurler • VÉRONIQUE MARCOTTE Tout m’accuse • LAURENCE PRUD'HOMME La danse de la Méduse • ALAIN ROY L’impudeur • CARLOS RUIZ ZAFON L’ombre du vent • PIERRE SAMSON Catastrophes • ANTOINE YACCARINI Meurtre au Soleil •
Tout au long du XIXe siècle, ce sont les contes et les légendes, bien plus que tout autre genre littéraire, qui ont contribué à la survie des mœurs, coutumes et croyances françaises (surtout liées à la religion) au sein d’une politique d’assimilation menée par les conquérants britanniques. La transmission de ces récits se fait surtout à l’oral, puisqu’au milieu du XIXe siècle, seulement 2,6 % de la population sait lire et écrire ! Dès le début, donc, le conte et la légende sont marqués par l’oralité au Québec, une oralité qui laisse entendre les accents du pays, les mots, tournures et expressions populaires, bref : l’âme du peuple.
La parole conteuse est vite devenue une alliée, voire une compagne qui s’est infiltrée dans les familles et les communautés pour distraire, instruire et tisser des liens. Elle s’est déployée et a circulé librement jusqu’au milieu des années 1950 où, dans un grand mouvement de rejet tranquille de tout ce qui rappelait la tradition, on lui a pour quelque temps fermé la porte. Ce n’est qu’au début des années 1980 que les Québécois se sont aperçus que le présent était bien fade sans les couleurs du passé et que, tout adulte que nous sommes, nous avons besoin de vivre encore et encore l’émerveillement de se faire raconter des histoires. Ce qu’il convient maintenant d’appeler le « renouveau du conte » a créé un engouement sans précédent, notamment grâce à la qualité de la relève qui a su tirer le meilleur des contes et légendes traditionnels – leur structure canonique et leur esprit gouailleur, surtout – pour le fondre à l’esprit contemporain, avec son imaginaire et ses figures modernes, ses néologismes et son besoin vibrant de faire image.
C’est avec un plaisir évident que j’ai piloté ce numéro. J’ai souhaité construire une sorte de panorama du conte et de la légende en partant des origines, puis en faisant un court arrêt en région pour laisser ensuite la place aux conteurs et à ceux qui ont pour mission de diffuser la parole conteuse à travers les festivals et le monde de l’édition.
C’est Carole Saulnier qui ouvre le dossier, avec la présentation des Archives de folklore de l’Université Laval, dont elle est la directrice. Elle évoque toute la richesse des fonds qui rassemblent des contes, légendes, chansons et récits qui sont les témoignages de nos traditions. Elle traite de l’apport inestimable de Luc Lacourcière dans la constitution des archives et de l’intérêt grandissant que celles-ci présentent pour les ethnologues, les sociologues, les littéraires et les conteurs en herbe.
Rémi Savard, anthropologue, nous entraîne quant à lui du côté de l’imaginaire algonquien. Il nous présente la figure du trickster, comme le nomment les spécialistes anglo-saxons, un être immortel qui cherche à s’approprier, par ruse, les biens des êtres humains. Trois courtes aventures sont rapportées ici, qui ne sont pas sans rappeler les récits de la Genèse, qui eux aussi montrent la perte d’innocence des humains.Bertrand Bergeron nous mène ensuite en terre de légendes, au royaume du Saguenay–Lac-Saint-Jean, le berceau de plusieurs personnages fabuleux, d’Alexis le Trotteur au cochon bleu du lac Kénogami en passant par le sasquatch ! L’auteur analyse le légendaire saguenayen et jeannois en faisant ressortir sa structure, ses figures imposées et ses thèmes obligés.
Geneviève Ouellet enchaîne avec quelques figures légendaires de la belle région de la Côte-du-Sud, là où non seulement souffle la brise du fleuve, mais aussi le parfum de la coureuse de grèves et les foudres de l’Anse aux Sauvages.
C’est une conteuse, Arleen Thibault, qui prend ensuite la parole pour dire les beautés et les défis que présente le conte. Elle traite de son expérience de conteuse professionnelle, de ses inspirations et de ses prestations devant différents publics, devant qui elle s’efforce de « faire crépiter une force de parole qui rassemble les gens comme un feu ».
Je vous invite ensuite (Chantale Gingras) à entreprendre un pellerinage au pays du désormais célèbre conteur Fred Pellerin, dont j’étudie le personnage et les conteries, et avec lequel j’ai eu l’immense plaisir de m’entretenir. Vous trouverez en fin d’article l’entrevue exclusive qu’il a eu la gentillesse de m’accorder.
Petronella van Dijk nous entraîne ensuite sur la route des festivals et nous fait découvrir tous les passionnés du conte et de la légende qui portent la parole conteuse dans tous les coins du Québec.
Ensuite, Christian-Marie Pons illustre le rôle prépondérant qu’ont joué depuis dix ans les éditions Planète rebelle, qui les premières ont diffusé le conte oral à travers leurs livres-disques, faisant du coup connaître au public québécois les conteurs et conteuses d’aujourd’hui.
Puis, Jennyfer Collin clôt le dossier par une étude de deux contes de Jacques Ferron et les soumet au modèle narratif de Vladimir Propp, afin de voir si le genre et la narrativité entretiennent une relation dynamique, et si les contes littéraires contemporains intègrent toujours les 31 fonctions dégagées autrefois par le chercheur russe.
Vient ensuite le point de vue d’Yvan Bienvenue, qui traite du phénomène du conte urbain et du rôle de premier plan qu’il a joué dans son développement.
Bonne lecture et bonnes découvertes !
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À lire dans le numéro 150 (pour commander le numéro)

L’effervescence du monde de l’édition vis-à-vis des jeunes lecteurs donne un indice de la place que l’on accorde aujourd’hui aux livres dans la vie quotidienne, à la maison comme dans les loisirs. De l’imagier pour les petits aux romans pour adolescents plus élaborés, en passant par les styles et formats variés d’albums pour enfants, on peut vite constater que le livre est un passeur culturel puissant et un complice de la vie quotidienne.
Outre son usage naturel, le livre occupe une place de plus en plus importante dans les milieux scolaires du Québec et d’ailleurs. Que ce soit dans les programmes ministériels pour l’enseignement primaire ou l’enseignement secondaire, les avenues proposées pour développer les compétences visées en français invitent explicitement les enseignantes et les enseignants à recourir aux œuvres littéraires. En particulier, au primaire, le programme en vigueur se distingue des programmes antérieurs par la formulation d’une compétence centrée sur l’exploration de la littérature jeunesse : Apprécier des œuvres littéraires. En outre, le programme officiel pour accompagner les élèves du secondaire confirme l’importance de favoriser les contacts riches et fréquents avec les œuvres littéraires du Québec et d’autres pays francophones. De concert avec ce discours officiel, les chercheurs de la francophonie sont de plus en plus nombreux à montrer que le recours à la littérature jeunesse en classe est essentiel au développement des compétences langagières, à l’oral comme à l’écrit.
Toutefois, en classe, les enseignants se sentent souvent trop peu outillés pour connaître et exploiter différentes œuvres de littérature jeunesse afin de favoriser les apprentissages chez leurs élèves. C’est en tenant compte de cette réalité que nous avons pensé le présent dossier didactique. Nous y avons réuni des articles qui permettent de présenter des livres à des enfants d’âge préscolaire, primaire et secondaire, et laissent entrevoir de nouvelles avenues d’exploitation du livre de littérature jeunesse.
Comme point de départ à cette thématique, le texte de Christian Poslaniec nous plonge dans le monde de l’album pour enfants en nous nourrissant d’une perspective historique, qui permet de mieux comprendre les origines et les changements vécus par cet écrit particulier, où image et texte se côtoient et s’influencent mutuellement.
Cette contribution est suivie de celle de Monique Sénéchal, dont les résultats de recherche montrent, hors de tout doute, qu’il faut présenter à plusieurs reprises le même objet-livre aux petits d’âge préscolaire, afin que ceux-ci se construisent des connaissances sur la langue et sur le monde, qui faciliteront leurs premiers moments dans l’apprentissage de la lecture, au début du primaire.
Ensuite, Éliane Fijalkow, chercheuse française, nous rappelle l’importance de prendre en compte le bagage de connaissances du jeune élève et, dans cette optique, propose aux enseignants qui interviennent au début du primaire d’adapter le contenu de certaines œuvres de littérature jeunesse jugées difficiles, en créant ce qu’elle appelle des « textes de référence ».
Ce dossier s’enrichit également de l’apport de Marie Dupin de Saint-André, qui formule des pistes concrètes pour présenter des livres aux élèves, ainsi que des questions à leur poser, et ce, dans le but de développer leur capacité à mieux comprendre un texte en effectuant des inférences.
De plus, parmi les pratiques d’éveil à l’écrit au préscolaire, et à l’aide de trois exemples concrets, Nathalie Prévost et Marie-France Morin montrent le rôle d’amorce que peut jouer l’album dans la démarche d’orthographes approchées.
Les deux articles qui suivent s’adressent plus particulièrement aux enseignants du secondaire. La contribution de Julie Babin souligne l’importance de trois pistes de travail qui visent à favoriser le développement de stratégies de lecture chez les élèves du premier cycle du secondaire. Elle met de l’avant la modélisation de la lecture et la mise en œuvre de stratégies axées sur l’apprentissage ou sur la métacognition. Quant à Geneviève Falaise, elle présente un grand classique du roman d’aventures maritimes, qui est aussi un roman de formation, L’Île au trésor. Son analyse met en relief les caractéristiques des deux genres concernés, ainsi que celles du héros, pour se terminer par une proposition de pistes d’exploitation en classe.
Suivent quelques commentaires critiques de romans, rédigés ou formulés par des lecteurs du primaire et du secondaire, même si les appréciations de ces derniers sortent souvent du cadre de la littérature jeunesse… Notons que la présentation de ces choix d’élèves, information essentielle pour les enseignants, se poursuivra dans notre prochain numéro.
De son côté, Bernard Harvey rend compte d’une entrevue réalisée avec Dominique Demers, figure emblématique de la littérature jeunesse québécoise, écrivaine, critique de littérature jeunesse et de nouveau récipiendaire d’un prix littéraire pour un album que nous avons présenté antérieurement dans nos pages, Le Zloukch.
Enfin, Martine Brunet rapporte les propos d’un animateur littéraire d’une école secondaire d’Abitibi, oiseau rare, dont l’expérience gagnerait à se répandre, dans la mesure où il obtient de bons résultats auprès des garçons.
Pour conclure, et souligner l’importance toute particulière de ce dossier, nous citerons Nathalie Brisac, formatrice à l’Institut universitaire de formation des maîtres de Versailles et écrivaine pour la jeunesse : « Le livre est toujours subversif, parce qu’il donne les mêmes droits à tous – le droit de rêver, de réfléchir, de comprendre, de douter ». Bonne lecture !
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À lire dans le numéro 150 (pour commander le numéro)